F 775 - LE BEARNAIS

Le 4 février 1965, durant la nuit, Le Béarnais était abordé sur son babord avant par le cargo italien Marsiglia. Le Béarnais était en transfert de matériel avec l'escorteur d'escadre Surcouf. Le cargo n'a pas répondu aux signaux lumineux et sonores des deux bateaux français. Roger Bernardon était sur le Surcouf et a véçu cet abordage. Il signale que le cargo devait être à la cape et que la veille à la passerelle devait être minimale si ce n'est nulle mais que sa vitesse était faible ce qui explique que le choc n'a pas été plus important. Aussitôt après le choc les équipages ont été appelés au poste de combat et la recherche d'éventuels marins tombés à l'eau a commencé. Heureusement le choc s'est produit au dessus de la ligne de flottaison et la mer était belle. Les bateaux ont pu rallier Toulon sans trop de problèmes. On peut voir sur la photo l'impact au niveau du poste d'équipage n°2 et des douches équipage avant à babord.

 

un commentaire de Roger Bernardon sur cet épisode : 

"J'étais sur le SURCOUF en 1965
Nous faisions un transfert de matériel,tous feux éteints avec LE BEARNAIS
Je me trouvais sur la plage avant,car j'étais au lance-amarre.
De la passerelle est arrivé un ordre comme quoi ,un cargo faisait route sur nous et se rapprochait dangereusement.
A ce moment,nous avons rallumé et actionné les sirènes, mais en vain ,il ne modifiait pas sa route.
La passerelle a décidée de stopper l'exercice,et les deux batiments se sont séparés.
Nous sommes passés dérrière le cargo et LE BEARNAIS devant .
A-t'il voulu lui couper la route ? Le choc a été important ,le cargo est monté sur babord à l'avant de la passerelle.
Des tôles froisées, mais heureusement pas de blessés
".

(Photo Roger BERNARDON - 02/1965)

Un autre commentaire de cet évènement vécu depuis le Béarnais (texte aimablement envoyé par JL Lebas).

"Le Béarnais a pris la mer pour essais ce 4 Février 1965. Il est rejoint par L'escorteur d'escadre SURCOUF. Il fait beau, la mer est calme. Nous étions en exercice de transfert, les manches étaient à poste et les deux bateaux naviguaient cote à cote à la meme allure dans une zone réservée aux batiments de la marine nationale. Je me trouvais au poste de manoeuvre ravitaillement sur le pont milieu babord prés de la cuisine. Soudain le Surcouf actionne ses sirénes, le Béarnais fait de même. A ce momment là, devant et entre les deux escorteurs, j'aperçois une "forme" dans la nuit,c'est un bateau civil !!! Le pacha du Surcouf crie de la passerelle "larguer tout !"... Le Surcouf s'écarte sur babord le Béarnais sur tribord mais trop tard, le cargo fonce sur nous,et nous aborde sur babord avant au niveau du poste équipage N°3. Le choc est terrible !! le Béarnais gite énormément sur tribord, j"ai cru que nous allions chavirer !!! et le cargo est venu se coller sur babord. Poste de combat.... constat des dégats, le Béarnais a une bréche en "V" au dessus de la ligne de flottaison. Dans le poste, deux matelots "coincés" dans leurs banettes sont légérement bléssés. Le choc a provoqué l'éclatement du collecteur incendie, tout est inondé... Appel, contre appel pour savoir si des hommes ne sont pas passés par dessus bord ? Le Surcouf a mis ses embarcations à la mer et à l'aide de ses projecteurs recherche d'éventuels naufragés ! Le Béarnais est aussitot rentré à Toulon à faible allure....."     

  François FERCHAL (à l'époque Q/M1 Mécanicien)

 

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