SOUVENIRS DE L'AGENAIS

Pour quand même avoir un minimum d'ordre, voici un sommaire plus explicite :

l'Agenais en 1973 par Jeanmarie83.

l'Agenais d'auteurs et dates diverses.

l'Agenais dans la presse

l'Agenais par Guy BASTIN en 1966 à 1969

l'Agenais par Gérard JUVE, Roland DORSCHNER et Albert HUC

l'Agenais par Jean-Paul DUPUY en 1967/1968

- l'Agenais par André Dehallet en 1968

- Divers Agenais à diverses dates

- L'Agenais aux Açores en 1984

- La maquette de l'Agenais par Jean-Louis JAGER

 - La fête de la St Eloi à bord de l'Agenais





Quelques souvenirs de l'Agenais en 1973. On les doit à Jeanmarie83, rencontré sur le forum déjà bien connu des Anciens Cols bleus. Merci à lui pour l'autorisation de mise en ligne. (mise en ligne : 25/01/2014)




1973. L'Agenais fait un stage au CEF à Toulon (Centre d'Entraînement de la Flotte). Au centre de la photo un autre escorteur rapide qui doit être le Vendéen. Photo prise à babord de la passerelle supérieure. (Photo Jeanmarie83 in forum des Anciens Cols Bleus - 1973)





1973. Stage au CEF. Vue de la plage avant, L'Agenais s'aligne sur le Vendéen. (Photo Jeanmarie83 in forum des Anciens Cols Bleus - 1973)




1973. Stage CEF. Préparations du ravitaillement avec le Vendéen. La qualité de la photo est moins bonne, mais elle donne une bonne idée de l'encombrement du pont, nous sommes à babord au pied de la cheminée. (Photo Jeanmarie83 in forum des Anciens Cols Bleus - 1973)




1973. Stage au CEF. L'Agenais et le Vendéen. L'exercice de ravitaillement se prépare. (Photo Jeanmarie83 in forum des Anciens Cols Bleus - 1973)




1973. Stage CEF. Le même exercice vu vers tribord arrière au pied de la cheminée. En bas à gauche de la photo, un examinateur de CEF ? (Photo Jeanmarie83 in forum des Anciens Cols Bleus - 1973)




1973. Stage CEF. Exercice de transfert avec le Vendéen. (Photo Jeanmarie83 in forum des Anciens Cols Bleus - 1973)




1973. En escale à Civita Vecchia, l'équipage de l'Agenais se permet une escapade à Rome, ici la légende de la photo est suffisament explicite. (Photo Jeanmarie83 in forum des Anciens Cols Bleus - 1973)





1973. Escale à Civita Vecchia et visite de Rome. Le très bon côté de escales. Encore merci à jean-Marie pour ces photos. (Photo Jeanmarie83 in forum des Anciens Cols Bleus - 1973)


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Des souvenirs divers et variés d'auteurs et de dates diverses et aussi variées (mise en ligne : 20/11/2011)




L'Agenais se dirige vers Calgari, capitale de la Sardaigne, nous sommes en 1967. A gauche "Dago" et à droite Louis Pilou Rutherford, plage arrière. (Photo Louis Pilou RUTHERFORD - 1967)




Les "Daltons" posent plage arrière de l'Agenais. LP Rutherford se trouve en premier de la série. (Photo Louis Pilou RUTHERFORD - 1967)




A nouveau la bande des Daltons. Cette photo a subi les outrages du temps, mais je tenais à la mettre en ligne car je trouve qu'elle représente bien ce que peuvent être nos souvenirs. Des moments lointains, à l'époque sans doute très intenses mais les années y ont laissé pas mal de rides et déchirures, mais n'est-ce pas cette fragilité qui en fait toute la force ? (Photo Louis Pilou RUTHERFORD - 1967)




A bord de l'Agenais en 1960. Cette est prise au milieu du bateau. A gauche nous pouvons voir un compas. Il existait à l'époque une "passerelle" de secours qui permettait, si la passerelle principale était mise hors service, de pouvoir malgré tout continuer de manoeuvrer l'escorteur, on y trouvait les principaux organes permettant de diriger barre et machines en mode très dégradé quand même. (Photo Michel SOURY - 1960)




Deux photos de mécaniciens de l'Agenais en 1965. Jean-Claude FRAGNE se trouve sur la photo du haut à gauche, ainsi que LEBRET et LEBERIGAUD. Sur la photo du bas, le maître DENIEL, JC FRAGNE, LEBERIGAUD et le maître CAUSSIN. Admirez la propreté des appareils. (Photo Jean-Claude FRAGNE - 1965)

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D'autres photos diverses, mises en ligne le 28/05/2012.

1961. L'équipage de l'Agenais fête la Saint Eloi, ne prêtez pas trop attention à qui porte quel uniforme, les traditions étaient à l'échange. (Photo anonyme trouvée sur www.alabordache.com - 1961) 



1961. Autre vue de la fête de la Saint Eloi, je vous laisse analyser en détail les protagonistes. (Photo anonyme trouvée sur www.alabordache.com - 1961)



1976-1977, l'Agenais, sans doute durant l'été fait une sortie au profit des familles, cela nous permet de détailler la plage avant. Photo trouvée sur le forum des anciens cols bleus. (Photo "bosco yann" trouvée sur anciens cols bleus - 1976-77)



1976-1977. L'Agenais en ravitaillement à la mer auprés d'un pétrolier de la marine. Je pense qu'il s'agit du A 675 Isère (ex Caltex Strasbourg). Photo trouvée sur le forum des anciens cols bleus. (Photo "bosco yann" trouvée sur anciens cols bleus - 1976-77)



1976-1977. L'auteur de la photo à son poste de navigation. Les boscos s'occupaient de la barre. Photo trouvée sur le forum des anciens cols bleus. (Photo "bosco yann" trouvée sur anciens cols bleus - 1976-77)



1976-77 (?). Photo prise de l'Agenais avec au premier plan le Béarnais, suivi (me semble-t-il) de deux escorteurs rapides du type E52b (Alsacien, Provencal ou Vendéen). Peut-être sommes nous à la revue navale du 12 juillet 1976, mais ce qui me gêne, c'est qu'il me semble que seul le Vendéen, parmi les E52b, y ai participé. Date erronée ou mauvaise analyse de ma part de l'évènement ? Photo trouvée sur le forum des anciens cols bleus. (Photo "bosco yann" trouvée sur anciens cols bleus - 1976-77)



1976-77 (?) Autre photo du même évènement. A gauche le Béarnais, en agrandissant un peu la photo on peut lire F778 (le Vendéen), au milieu et le F776 (l'Alsacien) au fond. En tout cas un grand merci à "bosco Yann" pour ces photos. Photo trouvée sur le forum des anciens cols bleus. (Photo "bosco yann" trouvée sur anciens cols bleus - 1976-77)



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Encore du divers et varié du fier vaisseau et de ses nobles équipages (Mise en ligne : 24/12/2012)



D'accord nous ne sommes pas à bord et ces marins de l'Agenais pourraient être de n'importe quel bateau de l'escadre, mais j'aime bien cette photo témoin d'une certaine époque, je vous la laisse détailler, nous sommes dans un restaurant de Toulon. Photo venant du site Copains d'avant. (Photo Jacques Le Bigot - 1963)





Toujours dans le restaurant à Toulon. Photo venant du site Copains d'avant. (Photo Jacques Le Bigot - 1963)




Au large de Gibraltar, on fête la Sainte Barbe et la Saint Eloi dans le strict respect des traditions. L'imagination est au pouvoir. Photo venant du site Copains d'avant. (Photo Dominique MARCHAIS - 1960)




Photo d'escale, sans doute prise à la même période que la précédente, peut-être prise dans le port de Gibraltar. Photo venant du site Copains d'avant. (Photo Dominique MARCHAIS - 1960)




A quai à Toulon. Le quartier-maître Lelong, le matelot Filippelli et le matelot Puy posent plage arrière, admirez le soigné de la coupe de cheveux. Photo venant du site Copains d'avant. (Photo Daniel FILIPPELLI - 1962)


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Cette semaine, voici l'Agenais dans la presse, surtout dans "Cols Bleus". Les articles y étaient "rarement" polémiques mais soyons francs ce n'était pas cela que l'on y cherchait mais je trouve que ces écrits étaient quand même représentatifs de ce que nous vivions, cela n'engage que moi bien-sûr. (mise en ligne : 18/09/2010)





29 janvier 1980. Prise
de commandement à bord de l'Agenais. Le capitaine de corvette Boyer devient le nouveau commandant. Le photographe a pris la mesure de l'évènement. Le regard direct du nouveau commandant se fixe dans celui du marin de gauche, celui-ci semble un peu crispé. Les rapports sont ici bien clairs, chacun est à sa place, ce que pense l'individu n'a ici pas beaucoup d'importance du moment que chaque protagoniste sera plus tard capable de prendre ses responsabilités pour la bonne marche du bateau. Un équipage est une délicate alchimie, qui ne fonctionne bien que quand chacun respecte l'autre et cela au-delà de la liturgie des moments comme celui-là. (Photo "Clos Bleus" - Janvier 1980)
 




30 août 1977. L'Agenais rend visite à sa ville marraine, Agen. Une partie de l'équipage est reçue à l'hôtel de ville. Agen est assez loin de la mer, ces visites permettaient de mieux faire connaître la marine. (Photo "Clos Bleus" - Octobre 1977)




30 août 1977. Où l'on apprend que les Agenais, fils de pays de rugby, savent aussi manier le ballon rond. Monsieur le préfet a aussi fait le déplacement pour l'occasion. (Photo "Clos Bleus" - Octobre 1977)




Une autre vision de l'évènement, cette fois transmise par (je pense) la presse locale en l'occurence le journal "Sud-Ouest", pardon pour la qualité de la photo. (Photo "Sud-Ouest" (?) - Septembre 1980)




Aout 1980. La suite de l'article de "Sud-ouest". (Photo "Sud-Ouest" (?) - Septembre 1980)




Toujours dans "Sud-ouest", le compte rendu de la rencontre de football. Remarquez que le journaliste a beaucoup de mal avec le nom du commandant de l'Agenais, il transforme le "Van Hemelryck" en "Van Hermelik", à sa décharge, les noms d'origine flamande comme ici, peuvent poser quelques soucis pour les gosiers francophones, le pauvre comandant devient également "capitaine". (Photo "Sud-Ouest" - Septembre 1980)




Juillet 1980. L'Agenais fait escale à Syracuse en Italie. L'aspirant Nakache pour les photos et le commissaire Azoulay pour le texte en rendent compte dans un article de "Cols Bleus". Entre 1979 et 1980, l'Agenais a été transformé en bâtiment d'expérimentation. (Photo "Clos Bleus" - septembre 1980)




Juillet 1980. La suite de l'article dans "Cols bleus" au sujet de l'escale à Syracuse. (Photo "Clos Bleus" - septembre 1980)




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De 1966 à 1969, Guy BASTIN est embarqué sur l'Agenais, il a écumé les eaux de la Méditerranée et en a rapporté quelques souvenirs à voir ci-dessous, encore merci Guy. (mise en ligne : 28/03/2010)



Quelque part en Méditerranée, la ligne de file des escorteurs rapides. Devant l'Agenais on peut aperçevoir le Normand. Ce dernier hantait plutôt les eaux de l'Atlantique sauf entre 1965 et 1969 quand il a été affecté à l'escadre de la Méditerranée. (Photo Guy BASTIN - 1966 à 1969)



Juin 1968, l'Agenais fait escale à Kotor, port principal du Monténégro, pays à l'époque faisant partie de la Yougoslavie et actuellement indépendant. L'escorteur fait relache avec le sous-marin l'Eurydice, ce sous-marin du type "Daphné" de 800 tonnes va disparaitre corps et biens le 4 mars 1970 au large de Saint Tropez, cette tragédie va faire 57 victimes, je voulais 40 ans après rendre ici hommage à ces disparus. Avec l'Agenais, Guy a aussi participé aux recherches pour retrouver le sous-marin la Minerve aussi disparu dans les eaux au large de Toulon en 1968. (Photo Guy BASTIN - 1968)


L'Agenais fait des exercices avec le sous-marin expérimental Gymnote. Ce sous-marin déplaçait entre 3000 (lège) et 3250 tonnes (en charge). Il a été lancé en 1966 et a servi à l'expérimentation des types lance-missiles des futurs sous-marins nucléaires lanceurs d'engins. (Photo Guy BASTIN - 1966-69)


Le Gymnote se présente sur le babord de l'Agenais pour un exercice de transfert de personnel via la célèbre chaise que nous verrons à la photo suivante. On voit bien ici prolongeant l'arrière du massif, les tubes lance-missiles expérimentaux qui donnent à ce sous-marin sa ligne très spéciale. (Photo Guy BASTIN - 1966-69)



La chaise est en équilibre instable entre les deux bateaux, le passager a été remplacé par sans doute un sac de courrier. Cette photo ma plait beaucoup car elle ajoute à la modernité du sous-marin (pour l'époque) ce côté "huile de coude" qui reste indispensable malgrè les progrès techniques et je trouve cela très rassurant. Un grand merci à Guy Bastin pour ces souvenirs. (Photo Guy BASTIN - 1966-69)



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Voici diverses photos de l'Agenais, par divers auteurs et à diverses époques mais qu'ils en soient tous ici remerciés. (mise en ligne le 09 janvier 2010).


Noël 1966 dans un poste d'équipage de l'Agenais. Gérard est au centre de la photo, il avait la spécialité de timonier/transmetteur à bord. (Photo Gérard JUVE - 1966)



L'Agenais en 1966. Les repas se passaient à l'époque dans les postes d'équipage. Celui-ci semble avoir quelque peu "dégénéré" car certains sont couverts de farine ou autre (?). La bonne humeur ne semble pas en avoir été affectée. Cette photo a été prise par Jean-Paul DUPUY dans le poste 2 de l'Agenais. (Photo Gérard JUVE - 1968)


En 1962, Roland DORSCHNER était timonier à bord de l'Agenais. A l'époque l'Agenais assurait avec d'autres escorteurs des missions SURMAR (surveillance maritime) afin d'interdire le passage d'armes au profit des combattants du FLN. Cette photo a du être prise à Alger ou Oran, si quelqu'un se souvient ? (Photo Roland DORSCHNER - 1962)


La fête de la "Sainte Barbe" 1962 à bord de l'Agenais. Fête traditionelle des mécaniciens et artilleurs. Remarquez à l'arrière un remorqueur. Il s'agit d'un remorqueur de port, d'origine américaine, du type YTL, reconnaissable à sa haute cheminée grêle et datant des années 1942-45. Une trentaine d'unités ont été transférées à la marine française.  Merci Roland pour ces photos. (Photo Roland DORSCHNER - 1962)




Albert HUC était radio sur l'Agenais en 1965. Il faisait parti du corps de débarquement du bateau. Sous les ordres de l'EV1 FRADIN voici un exercice de tir à la mitrailleuse AA52. (Photo Albert HUC - 1965)




Noël 1964. Au milieu André DAYEZ et à droite un certain LORIOT. J'ai passé quelques Noël ou premier de l'an à bord, on étaient loin des notres, mais la fête se passait quand même dans la bonne humeur. (Photo Albert HUC - 1964)




Noël 1964 à bord de l'Agenais. Le champagne ne fait pas défaut, comme nous étions coincés à bord, il n'y avait pas beaucoup de risque que la maréchaussée ne nous verbalise. Il me semble aussi me souvenir que le bateau nous était un peu "réservé" d'ailleurs. Merci pour ces souvenirs lointains mais aussi tellement présents. Albert est le deuxième en partant de la droite. (Photo Albert HUC - 1965)


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Jean-Paul DUPUY a embarqué sur l'Agenais dans les années 1967-1968, il nous a envoyé les photos ci-dessous dont certaines fleurent bon la photo d'avant le numérique, un petit côté rétro que j'adore, merci à Jean-Paul.



Nous sommes sur le pont milieu de l'Agenais. On procède à des essais de tir de 57mm. On peut voir le télémètre de 57mm orienté vers la cible sur le tribord du bateau, on aperçoit aussi les deux canons de 57mm en position de tir. (Photo Jean-Paul DUPUY -1967-1968)


Cette photo représente un lâcher de ballons plage arrière. Sans doute pour des exercices de tir. On peut remarquer sur le sommêt de l'affut à droite de la photo, un appareillage étrange, cela ressemble à un lance-fusée au vu du déflecteur sur la tourelle, mais je n'en ai pas encore la signification exacte, si quelqu'un peut m'aider ? (Photo Jean-Paul DUPUY -1967-1968)



En ligne de file, au premier plan l'Agenais, juste devant le Brestois F762, aisément reconnaissable à la tourelle de 100mm, et tout devant l'escorteur d'escadre Cassard. (Photo Jean-Paul DUPUY -1967-1968)


Janvier 1968. Nous sommes dans le poste 2. Le temps de pose rend certains visages un peu flou, mais ce n'est pas grave, c'est je trouve une belle photo d'ambiance, remarquez en haut et à gauche de la photo la télévision bien protégée des coups de roulis. (Photo Jean-Paul DUPUY -1967-1968)


L'Agenais amarré au quai Noël à Toulon. C'était à l'époque l'endroit habituel pour les escorteurs rapides. La baleinière est à l'eau, remarquez sur le babord arrière, le radeau à peinture pour les travaux de coque. (Photo Jean-Paul DUPUY -1967-1968)


Jean-Paul Dupuy, plage arrière assis sur le treuil. On a une autre vue de l'appareillage sur le dessus de l'affût arrière, mais sans pouvoir en dire plus. (Photo Jean-Paul DUPUY -1967-1968)



1967 à Toulon. Au premier plan l'Alsacien, au second plan le croiseur Colbert et à droite le porte-hélicoptère Jeanne-d'Arc, L'Alsacien semble venir se mettre à couple de l'Agenais. (Photo Jean-Paul DUPUY -1967-1968)


1967. Cette photo fait suite à celle plus haut du lacher de ballons, on y voit un tireur au fusil automatique, curieusement coiffé d'un casque, mais les consignes sont les consignes, qui tire sur les ballons dans l'eau. Le grand militaire botté et les mains dans les poches serait l'enseigne de vaisseau HELO. (Photo Jean-Paul DUPUY -1967-1968)


Octobre 1967. L'alouette III n° 279 de l'aéronavale procède à l'hélitreuillage d'un lieutenant de vaisseau dont la postérité n'a pas gardé le nom. Cette photo a des petits côtés "james Bond" des années 60, ou un peu enlèvement d'un homme d'affaire pas Fantomas. (Photo Jean-Paul DUPUY -1967-1968)


Au sujet de cette photo, Jean-paul fait le commentaire suivant : 

Octobre 1967, au large Sud-Ouest de la Sardaigne (au point YF), nous devons rallier ce point par radio localisation, car à ce point une tête de missile SMBS tiré des iles du Levant devait tomber et nous devions retrouver des traces de fluorescine par calage radiolocalisation. Durant un des tirs un missile est parti des iles du levant mais n'est jamais retombé, au même moment une caravelle reliant Ajaccio à Nice a été accidentée en vol et s'est crashée pres de Nice ......Sur cette photo nous voyons un batiment russe à l'endroit présumé de la retombée de la tête de missile

Le bateau russe de la photo est un destroyer de la classe KOTLIN. Cette classe de bateaux a été contruite à 18 ou 20 exemplaires entre 1955 et 1957 aux chantiers navals de Léningrad et Nikolaiëv. Il déplaçait 2850 tonnes, à la vitesse maximale de 35 noeuds. Sa longueur était de 129 m sur 12 m de large. Il était équipé de 4 canons de 130 mm, 16 de 45mm, 10 tubes lance-torpilles, 6 mortiers et 2 grenadeurs ASM.Il était armé par 320 hommes dont 26 officiers. 8 exemplaires, dont celui de la photo ont été équipés d'une plateforme pour hélicoptère à l'arrière . (Photo Jean-Paul DUPUY -1967-1968)



Pour finir les souvenirs de Jean-paul sur l'Agenais, voici sa feuille de déplacement quand il a quitté le bateau. Vous remarquerez que l'intéressé n'a pas signé sa feuille, presque 40 ans après, il y a du laisser-aller dans l'administration de l'Agenais quand même. Bon, il y a prescription maintenant, encore un grand merci à Jean-Paul pour cette remontée dans nos vertes années et pour la qualité des photos. (Photo Jean-Paul DUPUY -1967-1968)



Cet article est parut dans le Ouest-France du 28 mars 1983, il rend hommage à l'Agenais et par là même à l'ensemble des escorteurs rapides, notez que l'article ne mentionne pas le Bordelais (?). (Photo Crosner - 1968)



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André DEHALLET était en 1968 sur l'Agenais, il y faisait son service militaire, il a comme beaucoup gardé un souvenir très fort de cette période. Il nous transmet quelques photos de son passage à bord, je vous les montre en souvenir de cette époque, merci André pour ces clichés.



1968 à bord de l'Agenais. Nous sommes à la machine, je pense plus précisement devant un des deux panneaux de commandes qui permettaient de moduler l'utilisation des turbines, que les mécaniciens me reprennent si je dis des bêtises. Voici sur le photo le matelot matricule 0568 9927, André n'est pas plus explicite. (Photo André DEHALLET - 1968)



1968. L'Agenais le nez dans la plûme. Les rapides étaient des bateaux très marins, sauf au niveau du roulis, leur faible largeur y était pour quelque chose, mais au bout d'un moment on s'y faisait. (Photo André DEHALLET - 1968)



1968. L'Agenais fait des essais de vitesse, la lame est plus haute que la plage arrière, ce spectacle était toujours impressionnant, je me souviens que le bateau (Le Provencal pour moi) tremblait beaucoup à vitesse maximum, mais on ne devaient pas trop en abuser car les rapides n'avaient pas les pattes trop longues. (Photo André DEHALLET - 1968)



1968. L'Agnenais. "Attention on va rouler !", disait le haut-parleur de la cafétaria, mais bien souvent les convives n'avait que le temps de s'accrocher à la table, et il fallait choisir entre la gamelle et le quart de vin rouge, choix cornelien !! (Photo André DEHALLET - 1968)



1968. L'Agenais. Le bateau se presente sur le babord du pétrolier ravitailleur La Seine. Les manches pour le transfert du mazout pendent à la potence et vont être branchées sur l'Agenais. André me signale que l'officier en second est le lieutenant de vaisseau KNOERTZER. (Photo André DEHALLET - 1968)



1968. L'Agenais, suite du ravitaillement avec La Seine. Les manches sont passées et branchées, le ravitaillement peut commencer. C'est maintenant que tout le monde doit être vigilent, car les bateaux ainsi liés sont assez vulnérables. (Photo André DEHALLET - 1968)



1969. L'Agenais, le 26 février 1969, exercice de lancement d'une torpille ASM du type L3. Il fait très beau en ce mois de février, l'Agenais ne devait pas se promener en mer du nord. (Photo André DEHALLET - 1969)



1969. l'Agenais, le 26 février 1969, suite logique de la photo précédente, la pointe de la torpille est peinte en jaune afin d'être plus facilement repérable, les torpilles étaient également équipées d'un émetteur pour facilité la récupération. Un grand merci à André pour ces photos. (Photo André DEHALLET - 1968)

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A suivre des documents ayant trait à l'Agenais, sans grande logique entre eux .........

Episode sur le CRABE TAMBOUR".

Le lieutenant de vaisseau Pierre GUILLAUME, plus connu sous le surnom du "CRABE TAMBOUR", a écrit il y a quelques années un livre de mémoires : "Mon âme à Dieu, Mon corps à la Patrie, Mon Honneur à moi".  Un bon ami qui a déjà beaucoup donné à ce site, j'ai nommé Daniel BONNERUE, a lu son livre et en a extrait un passage qui concerne son passage comme commandant par intérim de l'Agenais. Les souvenirs de Daniel lui permettent de nous en dire un peu plus sur le personnage : " René BAIL le connaissait bien, moi j'ai failli le connaître à bord du "De Grasse" où le pacha l'avait invité en novembre 2002 à Saint-Malo où il résidait, mais il était déjà très malade et il n'a pas pu venir. Il est décédé au cours des semaines qui ont suivi. Je regrette de n'avoir pu parler avec lui, car c'était un sacré bonhomme. Il est rentré d'Indochine seul à la barre de sa jonque Manohara et il s'est échoué sur les côtes de Somalie, la barre cassée. En Algérie il a été provisoirement affecté dans l'armée de Terre pour prendre le commandement du commando du 2ème RPC (devenu par la suite le "Cdo Guillaume") qu'avait créé son frère Jean-Marie. Ce dernier a été tué au combat le 22 mars 1957 dans la région de Blida, il l'a donc remplacé pendant quelques temps avant de réintégrer la Marine. Par la suite il a "trempé" dans le pustch, puis dans l'OAS, ce qui lui a valu de la prison. Retourné à la vie civile, il a créé une compagnie d'affrètement maritime et d'armement de bateau en Afrique. ". Que l'on soit pour ou contre ses idéaux politiques, le personnage du "Crabe tambour" ne peux laisser indifférent par son caractère entier et son sens de l'honneur. Via Daniel Bonnerue, je vous livre ce qu'il disait de son passage sur l'Agenais, je laisse la parole au lieutenant de vaisseau GUILLAUME :

 
L’ESCORTEUR RAPIDE L’AGENAIS 

J’ai embarqué sur l’Agenais le 16 juillet 1958. Les escorteurs rapides portaient des noms de provinces françaises : l’Agenais, le Bourguignon, le Provençal, le Breton. Le mien était patronné par la ville d’Agen et nous recevions tous les ans des pruneaux comme cadeau. Nous étions en outre reçus par la municipalité. Louis XIV avait inauguré cette tradition lorsque des vaisseaux étaient lancés.

Ces escorteurs rapides étaient des bateaux qui avaient une tenue à la mer remarquable, ils se promenaient littéralement dans l’eau - beaucoup plus réussis que les escorteurs d’escadre. Ils avaient de très belles coques qui, pour une fois dans la Marine, n’étaient pas des coques à teugue. Ils ressemblaient aux contre-torpilleurs ou aux torpilleurs de la guerre 1939-1945 : la plage avant assez haute, puis le bloc passerelle avec, juste à sa hauteur, un décrochement, et enfin la plage arrière, plus basse. On entrait dans la mer plus facilement.

Durville finissait son temps de commandement en ayant armé le bateau qu’il commandait. Il a dû se rappeler l’histoire du char à l’Ecole navale en me voyant embarquer. C’était l’officier qui était sorti rapidement du char que nous poursuivions un jour de manoeuvre à l’École navale !

La croisière d’endurance qui suit la réception du bâtiment, avant son admission définitive au service actif, venait de se terminer. A mon arrivée à bord, les marins m’ont raconté pas mal de choses sur le commandant Durville. C’était un excellent officier, courageux, très bon chef de char pendant la guerre, mais au fond il n’avait pratiquement fait que cela. Or il existe une obligation dans la Marine. Lorsque l’on passe frégaton, il faut commander un escorteur rapide. Et, en principe, il est commandé par un corvettard. On fait deux ans de commandement, ce qui est stupide, parce que certains sont faits pour le commandement à la mer et d’autres pas. Cependant, c’était la condition instituée avant la guerre par le général Salan pour que les officiers fassent l’École des torpilleurs. A l’époque, il n’y avait pas de radars, et faire de l’endentement, c’est-à-dire passer d’une ligne à l’autre, dans des créneaux à 30 ou 40 noeuds, de nuit, n’est pas évident. Des officiers ne s’intéresseront pas forcément à cela, et seront très contents de rester à l’Ecole canon. Il ne faut pas oublier que des officiers de marine arrivaient à faire leur carrière dans le canon. Ils faisaient l’École canon en tant qu’élèves, puis l’Ecole d’application canon, et revenaient comme instructeurs à l’École canon. Ils embarquaient sur un bateau pour faire des tirs canons et passaient leur vie dans le canon, et si possible à Toulon - comme pour les sous-marins, arme d’élite avec des jeunes officiers d’élite. C’est pour cela que les officiers supérieurs n’avaient pas apprécié que je veuille repartir en Indochine, ça ne se faisait pas.

En rentrant d’Indochine, je me souviens d’avoir entendu dire que les vieux amiraux considéraient comme scandaleux que les jeunes officiers apprennent en permanence à beacher, à s’échouer - où allions-nous! Il fallait donc récupérer ces jeunes gens, car la guerre est une chose, mais s’exercer en vue d’une guerre hypothétique, dont l’expérience prouve qu’on ne la fera jamais, en est une autre. Depuis la fin de la guerre, nous n’avions fait que des opérations dites amphibies à l’extérieur de la France. Nous ne nous étions jamais mêlés de faire des opérations contre les Russes ou de former des escadres de combat. L’Indochine a permis de dégager des hommes valables, des caractères, et l’on ne s’en est pas souvenu. En revanche, celui qui faisait sa carrière aux sous-marins arrivait aux plus hautes fonctions : chef d’état-major.

Durville n’était donc pas très marin. La croisière d’endurance de l’Agenais avait amené le bateau et son commandant au Canada, à Halifax, je crois. Le lendemain, dans la presse, on a pu lire « Une flottille de navires français est venue faire escale dans notre port. » En fait de flottille, il n’y avait qu’un seul bateau, mais quand il arrivait en avant dans le quai, il repartait en arrière, pour accoster. Puis il partait hors de vue du quai, et revenait pour accoster... le tout, cinq fois.

J’avais embarqué comme officier en second, avec Catoire, détecteur. Le commandant Derlot, qui a succédé à Durville, ne me donnait pas la manoeuvre du bateau. Je n’ai jamais participé à une attaque contre les sous-marins. En plus, j’étais «balai», c’est-à-dire sans spécialité, alors que j’étais environné d’officiers bardés de spécialités - le canonnier, le détecteur, l’arme sous-marine.

Nous partions faire la croisière de printemps en passant par la Grèce et faisions escale en Turquie, à Smyrne. Le commandant est parti avec Catoire, en taxi, faire un tour dans la montagne et chercher des tapis. Le chauffeur, qui conduisait trop vite, a raté un virage, et la voiture est tombée dans un ravin. C’étaient les deux intellectuels du bord : le commandant qui dirige la guerre contre les sous-marins au CO et le détecteur qui manipule tout cela, son confident en quelque sorte. Moi, le second, j’étais sur la passerelle, regardant si la peinture était bien faite et si les hommes étaient bien au garde-à-vous quand le commandant se montrait à bord.

Lors de l’accident, Derlot a eu les vertèbres cervicales fêlées, Catoire aussi, mais c’était moins grave. Enfin, ils étaient tous deux dans un triste état. Le soir même, j’ai été convoqué à l’hôpital et le commandant m’a dit: «Nous ne pouvons pas trouver de remplaçant tout de suite. Puisqu’on appareille demain matin, vous prenez le commandement.» C’était mon jour de chance!

J’ai donc pris le commandement de l’Agenais le 3 juin 1959, pour faire la deuxième partie de la croisière de printemps, qui s’est déroulée parfaitement.

Nous avons appareillé sans problème et quitté Smyrne. Le jour de l’appareillage, on m’a demandé d’effectuer une première manoeuvre : la prise de courrier. Je pense que c’était pour me tester. Je suis arrivé avec cinq noeuds de mieux sur la vitesse normale. J’avais prévenu la machine qu’il fallait manoeuvrer vite, moyennant quoi les hommes ont eu la «double» ensuite. En principe, on réduit petit à petit le nombre de tours de la machine et le bateau finit sur son aire. Je suis arrivé plein pot - j’étais au moins à cinq, six noeuds, à dix mètres du bateau. La lame d’étrave est passée à travers les hublots de la cabine où se trouvait l’amiral, qui s’est fait doucher. Il l’a pris assez bien - après tout, il n’avait pas besoin de laisser son hublot ouvert. J’ai mis trente ou quarante tours de moins à la machine que la vitesse normale. Cela a provoqué un rideau d’eau, et a freiné le bateau. L’ennui quand on fait cela, c’est qu’il faut que le bateau soit bien positionné, car la barre n’a plus d’effet. J’ai remis ensuite au nombre de tours correspondant au bateau que l’on approchait. Du premier coup, des marins ont balancé le courrier, on aurait presque pu le prendre à la main ! Dans la foulée, j’ai reçu les félicitations de l’amiral pour cette brillante manoeuvre. Au même moment, il a envoyé un message au commandant du porte-avions Arromanches pour lui témoigner son mécontentement devant la manoeuvre ratée qu’il avait accomplie.

C’était la république à bord. J’invitais le carré chez le commandant, et nous buvions sa cave - il m’avait dit que je pouvais occuper ses appartements et me servir. C’était normal, puisque lorsque l’on commande, même par intérim, on a droit au traitement de table du commandant. Le carré, dont j’étais le président auparavant, invitait le commandant, et tout le monde batifolait joyeusement.

Pendant cette campagne, j’ai eu la chance de tomber sur tous les sous-marins qui traînaient dans le coin. Or le premier qui détecte un sous-marin ne le lâche plus et dirige la manoeuvre des autres. Cela faisait rire l’escadre de l’Atlantique qui arrivait, car les capitaines de frégate étaient aux ordres d’un lieutenant de vaisseau. Des bateaux plus gros que nous, des escorteurs d’escadre commandés par des frégatons, voire un capitaine de vaisseau (le patron de la division), se trouvaient donc sous nos ordres. Cela m’a donné une sacrée cote comme marin - et il y avait l’Indochine derrière.

Nous accostons un jour à Mers el-Kébir où il fallait se coller dans un créneau assez étroit. «Avant stop, en arrière, terminé pour la machine!» Je manœuvrais bien, et les hommes m’obéissaient. J’avais dit au chef : «Je ne fais pas beaucoup de manœuvres. Je n’emmerde pas la machine, mais quand je dis : il faut mettre la sauce, il faut la mettre.»

C‘était peu de temps avant le 18 Juin. Nous devions fournir des troupes marines à l’amiral Auboyneau, préfet maritime à Alger, pour la cérémonie commémorant le 18 juin à Alger. Nous nous sommes dit que nous n’allions pas encore ignorer les mille cinq cents marins morts pour la France lorsque les Anglais avaient attaqué l’escadre par trahison.

Nous nous sommes réunis entre commandants et avons dit au plus ancien, un commandant d’escorteur d’escadre, Marie : «La cérémonie du 18 Juin, d’accord, mais il y a un problème. Au- dessus de nous, sur la falaise, sont enterrés tous ces marins morts pour la France auxquels on n’apporte jamais rien.» Il y a les bons et les mauvais morts.

Nous avons demandé à être reçus par le patron du GASM sur le Gustave-Zédé. Nous avons dit unanimement: «C’est l’occasion de rendre justice à ceux qui sont morts ici.» Nous étions gentils, nous ne demandions même pas une cérémonie officielle. Nous avons précisé: « Nous n’irons aux cérémonies du 18 Juin, en tant que commandants, que si on nous autorise à faire savoir aux équipages que nous irons porter des fleurs sur la tombe des marins français qui sont morts à Mers el-Kébir en juillet 1940, et que pourra nous accompagner qui voudra.» L’amiral nous a dit qu’il allait réfléchir à la question, et qu’il donnerait sa réponse le lendemain au commandant chargé de nous représenter. Nous avons été invités au carré de son bateau. Il nous a raconté son entrevue avec l’amiral, qui lui a dit : «J’ai pris en considération ce que vous m’avez dit et, après en avoir discuté avec d’autres responsables, je ne suis pas d’accord avec vous pour la bonne raison qu’ici cette affaire rappelle des choses que les Oranais n’ont jamais comprises : l’attitude de la Marine pendant cette période. Par conséquent, ce serait une véritable provocation

Alors, nous sommes allés individuellement au cimetière porter des fleurs, et aucun d’entre nous ne s’est rendu aux cérémonies du 18 Juin à Alger.

Un jour, à Alger, un quart d’heure avant l’appareillage, arrive le lieutenant de vaisseau Lafeuille, avec ses petits bagages. Il sortait de l’Ecole de guerre et faisait son temps sur un bateau. Il embarque, et je lui annonce que l’on appareille dans dix minutes. «Est-ce que tu pourrais me présenter au commandant? me dit-il. - Pour l’instant, on manoeuvre», lui réponds-je. Je lui indique sa cabine, il y pose ses bagages, puis, remontant sur la passerelle, me voit appareiller et me dit: «Dis donc, il est vachement sympa, ton pacha. Il te laisse manoeuvrer, il ne vient même pas voir! - Oh oui, je suis tombé sur un pacha sympa, mais tu le verras tout à l’heure, un mec formidable sans exagérer, il me fait une totale confiance, que ce soit lui ou moi, c’est pareil !» Lafeuille ajoute: «Mon vieux, tu as un sacré bol !» Cela l’étonnait, parce que je n’avais pas fait l’Ecole de guerre, ni de spécialité. Bien sûr, à la passerelle, personne ne disait rien. Je passe la suite à l’officier de quart et je lui dis : «Je vais prévenir le commandant et je te fais appeler, lorsqu’il pourra te recevoir.» Je descends dans ma chambre et j’appelle la passerelle. «Ici Pierre Guillaume (car, dans le micro, on entend), le commandant souhaite que le lieutenant de vaisseau Lafeuille vienne le voir.» Là-dessus, il arrive impeccable, avec le sabre, et je lui ouvre la porte de la chambre. Elle est très grande sur les escorteurs rapides. C’est une partie de l’étage sous la passerelle. Il me dit: «Ah oui, et alors le commandant ? » Je me suis assis et je lui ai lancé : «Mon cher camarade, je suis très heureux de vous recevoir à bord. - Mais qu’est-ce que cela veut dire ? - C’est moi le commandant !» Il s’est marré – jaune, parce qu’avant il fayotait.

 J’ai finalement gardé le commandement du bateau jusqu’au retour du commandant Derlot . En passant à Alger, au mois d’août, puis à Oran en SURMAR j’ai reçu tous les parachutistes de ma connaissance, des officiers et certains du commando Guillaume. Ces derniers ont expliqué aux matafs ce qu’était l’Algérie. Ils ont été bluffés en voyant ces hommes qui se battaient sur le terrain, et assez soufflés par ce qu’ils leur racontaient.

Quand le commandant Derlot a repris son service, j’ai continué mon métier d’officier en second, mais je dois dire que cela ne me passionnait pas tellement, surtout après avoir commandé le bateau.

C’est Brac de La Perrière qui m’a remplacé comme officier en second - c’était un très bon officier en second, sorti de l’Ecole de guerre.

 Note du capitaine de corvette Derlot, commandant l’escorteur rapide l’Agenais, 23 décembre 1959

« Caractère général de l’officier, appréciation de sa valeur : A pu grâce à ses qualités d’intelligence et son sens marin remplacer brillamment son commandant au milieu de la croisière de printemps de l’escadre, montrant ainsi qu’il a l’étoffe d’un commandant, mais son originalité, sa lenteur, ses horaires fantaisistes, son manque d’intérêt pour les détails et sa tenue négligée en font un mauvais officier en second. »

Note du contre-amiral commandant le groupe d’action sous-marine, le 2 mai 1960

« Je regrette que le commandant de l’Agenais n’ait pas su apprécier les qualités exceptionnelles du lieutenant de vaisseau Guillaume officier hors de pair dans toute l’acceptation du terme. Certes, ce n’est pas un fonctionnaire bon élève, c’est un homme d’action qui commande avec une aisance et une efficacité parfaites. Des gens de sa sorte sont utiles en temps de guerre. »

 



Pour suivre une photo de l'Agenais au mouillage avec le Gustave Zédé à Calvi en 1962. J'ai plusieurs fois fait escale en Corse, que cette île est belle, une montagne posée sur la mer. Cette photo vient du site du Gustave Zédé, http://ancienduzede.free.fr/, allez visiter ce site, c'est très bien fait et il y a un nombre impressionant de documents. 

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D'autres documents sur l'Agenais, de sources diverses et variées, un petit patchwork en somme. Dans la mesure du possible, j'ai mis les sources du cliché, mais certaines sont sans propriétaire, si vous les connaissez, n'hésitez pas à me le faire savoir.



1977. L'Agenais est à Toulon et reçoit la visite d'un enfant du pays, j'ai nommé le chanteur Gilbert BECAUD. Le voici saluant le commandant. La photo a souffert des outrages du temps. (Photo BERNARD - 1977)



1969. L'Agenais au quai Noël à Toulon. A l'époque c'était là que les escorteurs rapides étaient amarrés, devant les bâtiments de la DP Toulon. (Photo CATHERINE - 1969)





2008. Jean-Claude JAGER termine une maquette de l'Agenais. Il compte l'exposer dans des concours et m'a promis de nous tenir au courant, nous en reparlerons sans doute. (photo Jean-Louis JAGER - 2008)





Jean-Louis Jager vient de m'envoyer les dernières photos de sa maquette au 1/100eme de l'Agenais du travail de longue haleine et de précision un tout grand merci à lui. (photo Jean-Louis JAGER - 2013)





Vue générale du côté tribord de l'escorteur. (photo Jean-Louis JAGER - 2013)





Survol de la plage avant de l'Agenais, avec un grand soin du détail. (photo Jean-Louis JAGER - 2013)




Autour de la cheminée, je vous laisse le soin de détailler les aériens et diverses antennes. (photo Jean-Louis JAGER - 2013)





Au pied de la cheminée vue de tribord, moment de repos entre collègues. (photo Jean-Louis JAGER - 2013)




Vue détaillée de l'aileron tribord de l'escorteur, les tenues de travail des deux marins ont aussi été adaptées. (photo Jean-Louis JAGER - 2013)




Vue du pont central par tribord avec les canons de 20mm et les tubes lance-torpilles. (photo Jean-Louis JAGER - 2013)





Vue de la plage arrière, toujours par le tribord du bateau. (photo Jean-Louis JAGER - 2013)




Autre vue de la plage arrière, mais cette fois de la verticale, même la coupée est présente. (photo Jean-Louis JAGER - 2013)





Cette vue est un peu floue, mais elle permet de détailler le mât avant. (photo Jean-Louis JAGER - 2013)





Pour finir la série sur cette maquette de l'Agenais, voici une vue du roof lance-roquettes de 375mm. Encore un tout grand merci à Jean-Louis Jager pour ces envois. (photo Jean-Louis JAGER - 2013)


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L'Agenais en mer, sans doute en Méditerranée, mais je ne sais pas quand. (Photo ROBY - ?)




L'Agenais entre ou sort d'un port. Le bateau est équipé en E52 normal, il n'a pas encore ces appareillages expérimentaux. Auteur inconnu ainsi que la date. (Photo ? - ?)




1958. L'Agenais est sans doute à Lorient car nous sommes en janvier 1958, le bateau est encore en essais d'armement et ça jusqu'au 16 mars 1958, il n'a pas encore son matricule modex. (Photo Service Historique de la Défense - 1958)

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L'Agenais à la mer quelque part en Méditerranée orientale dans sa configuration classique avant d'être refondu comme bâtiment d'expérimentation. Les lignes de coques donnaient aux escorteurs rapides un beau sillage assez propre. (Photo René Toubhans - 1976)






L'Agenais en bassin, sans doute durant l'été car la plage avent est protégée du soleil par un taud. (Photo www.alabordache.com - 197? )





L'Agenais a pris sa livrée de bâtiment expérimental à la fin 1978, on peut aperçevoir à l'arrière le sonar SOREL (Sonar Remorqué Léger) installé pour essais. De l'autre côté du quai on peut voir le bâtiment de soutient santé Rance qui sera désarmé en janvier 1997. (Photo www.alabordache.com - 197? )






1962. L'escadre est en exercice, photo prise depuis le babord de l'Agenais derrière la passerelle. (Photo www.alabordache.com - 1962)




Mai 1966. Décidément l'Agenais a servi à beaucoup de chose. Sur cette photo de 1966, l'affût arrière supérieur est équipé d'un tube qui était solidaire des canons de 57mm et qui servait au tir de fusées météo, il semble que d'autres types de fusées aient été testées, mais là j'ai peu d'éléments. (Photo LARCHER - 1966)




Mai 1966. Le lance-roquette de 375mm vient de lancer sa munition ASM sur babord. (Photo LARCHER - 1966)



Mai 1966. Larcher à cette époque a pris ces photos lors d'une sortie à la mer à la fin de son cours de spécialité de transfiliste. Merci à lui pour ces souvenirs. (Photo LARCHER - 1966)


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L'Agenais aux Açores en 1984



L'Agenais arrive dans le port de Ponta Delgada aux Açores en 1984.Ponta Delgada se trouve sur l'Ile de San Miguel, c'est une escale assez fréquentée par les bateaux de la Royale. On voit ici la passerelle de l'Agenais, en 1984 il a encore de beaux restes même si ses qualités militaires on été diminuées. (Photo d'un photographe portugais envoyée par Thierry Rivière embarqué en 83/84 sur l'Agenais)





J'ai agrandi cette photo pour montrer la partie arrière qui portait les équipements de tests du sonar remorqué. Thierry nous signale :

"Le BE Agenais était "désarmé" et la tourelle du pont avant
nous servait de soute à peinture.Une seule mitrailleuse de 20 mm fonctionait encore,
mais je ne me rappelle plus si c'était celle de babord ou tribord. Sur la
photo on distingue à l'arriere les deux rouleaux qui nous servaient à
tirer la sonde, et dans la "boite blanche" appelé le frigo des civils
travaillaient sur leur essaies (informatique et sécurité défence).Ce qui
fait que nous naviguions pendant des jours accompagné de sous marins et
d'hélico à écouter les bruits."

. (Photo d'un photographe portugais envoyée par Thierry Rivière embarqué en 83/84 sur l'Agenais)



L'Agenais est amarré à Ponta Delgada, les permissionnaires se sont égaillés dans la ville, le factionnaire plage avant veille en prennant la pose, les secrets technologiques de l'Agenais sont bien gardés. (Photo Thierry Rivière - 1984)


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L'Agenais en mer et en escale

La passelle de l'Agenais. A droite du répétiteur radar, le "trou" de l'homme de barre et du transmetteur d'ordres machines. A droite de la photo, le siège du pacha qui témoigne symboliquement de la présence du "vieux". Que de souvenirs s'attachent à ce genre de photo, ces heures de mer, parfois propices à la méditation et à l'introspection. (photo Thierry Rivière - 1984).




Plage avant, le treuil avant. J'aime bien cette photo car elle témoigne de ces objets du bord un peu anonymes à force d'être utilisés (photo Thierry Rivière - 1984)




Maintenant une série de photos de la plage avant, quelque part en Méditerranée, le vent s'est levé et rend la mer hachée, la houle prend le bateau par le travers, les "rapides" n'aimaient pas trop ça. Mais cela nous fait de belles photos. (Photo Thierry Rivière - 1984)



L'étrave entre dans la lame et donne à l'Agenais de "belles moustaches", le bateau a le nez dans la plume. Cette photo est prise depuis l'aileron tribord de la passerelle. (photo Thierry Rivière - 1984)

 


Le vent tribord amure rabat les embruns sur la plage avant et le soleil joue avec les gouttes d'eau. Photo classique mais dont la poésie fonctionne toujours autant, on pouvait passer des heures (pour ceux dont l'estomac restait tranquille !) à admirer cette nature. (photo Thierry Rivière - 1984).


Voilà, l'Agenais est revenu à Toulon, amarré le "cul" à quai. Admirez au premier plan les chaînes d'ancre peintes en blanc, les bateaux ont parfois de ces coquetteries. Ainsi se termine la série de photos envoyée par Thierry, encore merci à lui pour ces témoignages.(photo Thierry Rivière - 1984)




Toutes les photos qui vont suivre datent de 1960/1961, date à laquelle Jean-Robert HUBERT a fait son service militaire sur l'Agenais. Nous lui devons, et la postérité également, une maquette de l'Agenais, que vous pourrez voir plus bas.

 Pour commencer donc, l'escadre à fait escale à Palerme en Sicile (ci-dessus). L'Agenais est à couple avec un autre escorteur rapide, par contre je fais appel à la mémoire des anciens pour identifier le 3ème bâtiment à la cheminée carrée, je pencherai pour l'aviso Francis Garnier (?). Au premier plan, ce n'est pas une 4Ch, mais plutôt une FIAT Topolino.(Photo Jean-Robert HUBERT 1960/61)












Sur cette photo d'escale, on peut voir l'Agenais avec amarré à couple le sous-marin l'Africaine (S607). Ce sous-marin a été mis sur câle aux chantiers Worms en septembre 1938. Suite à la guerre il n'a pu être lancé qu'en décembre 1946 et mis en service en 1948. L' Africaine déplacait 820 tonnes, mesurait 73 mètre de long, elle était équipée de 10 tubes lance torpilles, 4 à l'avant, 2 à l'arrière et 4 derrière le massif dans des nacelles orientables au-dessus de la coque épaisse. Sa vitesse était de 17 noeuds en surface et 10 noeuds en plongée. L'équipage se composait de 7 officiers et 55 hommes. (Photo Jean-Robert HUBERT 1960/61)





















L'Agenais en escale à Palerme dans les années 1960/1961. Les photos en couleurs de cette époque sont relativement rares, j'ai donc autant de plaisir à publier celles-ci. L'Agenais pris depuis la plage avant sous le beau soleil italien. Avec le factionnaire Hubert posant devant le lance-roquettes de 375 mm. (Photo Jean-Robert HUBERT 1960/61)


















Comme pour le Béarnais, voici le lancement d'une torpille anti-sousmarine. C'est toujours aussi spectaculaire. Par contre je me souviens des heures passées ensuite pour les récupérer, avec Le Pélican comme repêcheur de torpilles. (Photo Jean-Robert HUBERT 1960/61)






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La maquette de l'Agenais par Jean-Robert Hubert


Jean-Robert Hubert ne s'est pas contenté de naviguer sur l'Agenais, il en a fait une très belle et très fidèle maquette dont il nous a envoyé des photos. (photo Jean-Robert Hubert)




L'arrière de la maquette de l'Agenais. Comme pour la maquette du Béarnais, le soucis du détail est ici constant et fondamental pour la qualité de la maquette, par exemple les écubiers en caoutchouc ou l'échelle de coupée. (Photo Jean-Robert HUBERT)




Une vue
générale de la maquette de l'Agenais. C'est comme sur un chantier naval, quand un bateau est terminé, il y en a un suivant pour prendre la place dans la câle, même si ici la vérité chronologique n'est pas "certaine". (Photo Jean-Robert HUBERT)




L'Agenais est prêt à prendre la mer, il ne manque ni un boulon ni un bout, je trouve que nos bons vieux rapides n'ont pas pris (ou presque !) une ride. Longue vie à L'Agenais. (Photo Jean-Robert HUBERT)


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La fête de la Saint Eloi


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Saint Eloi est le saint patron des mécaniciens. La marine est "terre" de traditions. En tout cas en 1960, Saint Eloi avait droit à une fête haute en couleur. On peut l'admirer à gauche du porte-drapeau, avec sa tiare protégé par se garde personnelle. (Photos Jean-Robert HUBERT - 1960)


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Je n'ai pas de souvenirs durant les années 1970 de fêtes de ce genre pour St Eloi. Je n'en connais pas bien la liturgie. Si des anciens mécaniciens pouvaient éclairer ma lanterne sur le sujet ce serait parfait. Dans le civil, dans le milieu sidérurgique (en Belgique au moins) St Eloi reste très populaire et on continue à le fêter. (Photos Jean-Robert HUBERT - 1960)

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