SOUVENIRS DU PROVENÇAL - 2ème partie

Si pour certains "rapides", les documents sont rares, pour d'autre, heureusement, ce n'est pas le cas. Pour le Provençal aussi, j'ai décidé de le mettre en 2 parties pour faciliter la lecture. 

- Photos du Provençal Par Philippe SOLERI en 1963

- Maquette du Provençal Par Luis Filipe RESENDE FERREIRA en 2010

- Photos du Provençal Par Philippe LACROIX en 1976

- Photos du Provençal de diverses sources et dates

- Photos du Provençal par José VASSEUR en 1963

- Photos du Provençal par Francis JACQUOT en 1975

- Photos du Provencal par Roger VALLET en 1958-1960

- Photos du Provençal par Laurent en 1960

- Photos du Provençal par Jean-marc CHIAVERINA en 1972-1973

- Photos du Provençal par Robert FOGLIATA en 1964

- Divers souvenirs du Provençal, un peu fourre-tout.







Philippe SOLERI est entré dans la marine le 1er avril 1963. Après 2 mois sur l'Agenais, il a posé son sac sur le Provencal, il a pu participer à la mission Mousson de 1963, il en témoigne par les 3 photos ci-dessous, un grand merci à lui. (mise en ligne le 30/03/2015) 




Nous sommes dans la chaufferie du Provencal durant la croisière Mousson. Voici de gauche à droite Bertel, Morut (en retrait), le second-maître Ferrec et Dewiller. (Photo Philippe SOLERI - 1963)




Nous sommes toujours dans la chaufferie et toujours durant la croisière Mousson. En mer, quand tout est en activité, il faisait 58° dans le local chaufferie. Consommation 1 litre par heure et par personne. Sur la photo, Philippe signale que l'eau était additionnée de "Pastis". (Photo Philippe SOLERI - 1963)





Terminons par Philippe lui-même, plage arrière durant la traversée du canal de Suez, toujours pendant la croisère Mousson. Encore merci à Philippe pour ces souvenirs. (Photo Philippe SOLERI - 1963)





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Luis Filipe RESENDE FERREIRA est citoyen portugais, sa mère est française et son père portugais, il a dans sa jeunesse choisi le Portugal mais a gardé une passion pour la marine française dans laquelle il a même pensé s'engager à la fin des années 1960. Il m'a envoyé des photos d'une maquette du Provençal, je vous en fait profiter à mon tour. Un grand merci à lui. (mise en ligne : 12/06/2010)


Le Provençal adapté d'une maquette "HELLER" au 1/400ème de la version E52b des escorteurs rapides. (Photo Luis Filipe RESENDE FERREIRA - 2010)



Le Provençal se présente peut-être pour un exercice de ravitaillement à la mer, le voici montrant son babord. (Photo Luis Filipe RESENDE FERREIRA - 2010)


Les personnages plage avant ne sont pas départ dans la maquette, Luis les a ajoutés et cela donne de la vie à la maquette. (Photo Luis Filipe RESENDE FERREIRA - 2010)


Durant le même exercice, vue détaillée du bloc passerelle. (Photo Luis Filipe RESENDE FERREIRA - 2010)


Le Provençal vu de l'arrière, les effets de mer sont bien rendus. (Photo Luis Filipe RESENDE FERREIRA - 2010)


Le Provençal nous montre maintenant son côté tribord. (Photo Luis Filipe RESENDE FERREIRA - 2010)


Autre vue détaillée du bloc passerelle, nous ne sommes pas au cours d'un ravitaillement à la mer car personne ne prépare les manches de ravitaillement. (Photo Luis Filipe RESENDE FERREIRA - 2010)



Vue de tribord milieu. (Photo Luis Filipe RESENDE FERREIRA - 2010)



Vue du dessus. A  cette échelle (1/400ème), il est difficile d'avoir des éléments comme les mâts ou les rambardes à la bonne échelle, par contre le rendu des cables radio entre les deux mâts est très bon. Les affûts de 57mm sont aussi bien rendus. (Photo Luis Filipe RESENDE FERREIRA - 2010)



Vue de l'avant par tribord, les couleurs sont aussi bien rendues l'orange des radeaux de sauvetage bien délavé par la mer. (Photo Luis Filipe RESENDE FERREIRA - 2010)




Vue générale de 3/4 tribord arrière. Il ne faut pas perdre de vue qu'à cette échelle, le bateau ne fait de 24 cm de long, le resultat du travail de Luis n'en est que plus méritoire, remarquez les vagues le long de la coque et la vague de poupe très réaliste. (Photo Luis Filipe RESENDE FERREIRA - 2010)



Côté tribord arrière du Provençal. La baleinière à tribord est très réaliste(Photo Luis Filipe RESENDE FERREIRA - 2010)



Même vue que la précédente mais le côté babord du Provençal. Petite remarque, le mortier quadruple de 305 mm mériterai d'être un peut plus grand, mais la maquette est ancienne et remettre le mortier à l'échelle n'est pas possible. (Photo Luis Filipe RESENDE FERREIRA - 2010)



Voilà l'exercice est terminé, le Provençal vogue vers de nouvelles aventures. Encore un grand merci à Luis Filipe pour le travail accompli et aussi pour l'intérêt qu'il porte à nos bons vieux bateaux, ce genre de maquette leur donne une seconde vie. (Photo Luis Filipe RESENDE FERREIRA - 2010)



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En 1976, j'étais Quartier-maître fourrier sur le Provençal, je vis arriver à bord un matelot fourrier frais émoulu de l'école des fourriers de Rochefort. Ce matelot, c'était Philippe LACROIX, on le voit ici assis au pied de l'affût de 20mm. Cette semaine, il m'a envoyé les photos ci-dessous. Cela a été un immense bonheur car je n'ai gardé que très peu de souvenirs de mon passage dans la marine et encore moins de photos où je figure. Tout d'un coup, un tas de souvenirs remontent comme si ces 33 années n'avaient pas existées. Un très grand merci, Philippe. (Mise en ligne le 13/06/2009)




1976. Le Provençal fait escale à Izmir en Turquie. Philippe est assis à gauche, au milieu debout contre le canon, un mécanicien dont j'ai oublié le nom malheureusement, ensuite le matelot fourrier BOTELLA avec le bachis, juste devant lui votre serviteur, l'autre matelot avec le bachis était de la région parisienne, quel était son nom ? Ensuite assis un autre matelot mécanicien, les trois inconnus faisaient leur service militaire à bord, j'aimerai beaucoup retrouver leur nom. (Photo Philippe LACROIX - 1976)


1976. Philippe sur l'affût double de 57mm arrière. La photo est prise depuis la plage arrière dont on voit le treuil au premier plan. Nous sommes sans doute à Toulon. (Photo Philippe LACROIX - 1976)


1976. Le bureau administratif. Vaste placard où il était possible d'entasser 4 bureaux. Sur la gauche de la photo vous pouvez voir les pales en plastique du ventilateur du bureau. Je me souviens qu'un jour j'étais assis à droite de la photo, le ventilateur fonctionnait, le second-maître fourrier, qu'il m'excuse j'ai aussi oublié son nom, passe derrière moi pour rejoindre son bureau au fond. Il était doté d'un ventre proéminent et manifestement il n'y avait pas la place pour lui et son ventre. J'entendis alors le bruit des boutons de sa chemise que les pales faisaient sauter les uns après les autres. Pas de mal car les pales étaient souples, par contre force jurons et aussi grasses plaisanteries sur la nécessité de suivre un régime amaigrissant.(Photo Philippe LACROIX - 1976)


1976. Escale à Izmir en Turquie. L'équipe des fourriers en goguette. La gent féminine n'est pas insensible au prestige de l'uniforme. Votre serviteur à gauche, l'appareil photographique à poste, c'était un ZENITH de la russie soviétique, un 24*36 équipé d'une cellule qui fonctionnait à l'énergie solaire. Au milieu regardant fièrement le photographe c'est le matelot fourrier BOTELLA, ensuite à sa gauche un quartier-maître manoeuvrier, qu'il me contacte si il voit cette photo, tout à fait à droite le matelot fourrier LACROIX. Je me souviens que nous étions si fiers de nous et en même temps si avides de reconnaissance. Nous étions des gamins si insouciants et le monde nous semblait à portée de main. (Photo Philippe LACROIX - 1976)


1976. La marine française "cul à quai" à Izmir. A gauche, un escorteur d'escadre équipé d'un sonar remorqué et d'un hangar pour hélicoptère fixe, il doit s'agir du "Duperré". Ensuite 3 escorteurs rapides, celui de gauche est le Provençal, celui du milieu est le Béarnais et à droite le Vendéen. Après Izmir nous sommes allés à Salonique en Grèce et comme à l'époque les rapports entre les deux pays n'étaient pas bons, il valait mieux faire attention à nos avis sur les escales. Voilà Philippe, petit à petit les souvenirs vont remonter, je te remercie encore beaucoup d'avoir ouvert un peu la vieille malle à souvenirs qui dormait au fond du grenier. (Photo Philippe LACROIX - 1976)


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Quelques photos de sources diverses et de dates tout aussi variables et parfois inconnues. Certaines trouvées sur le site www.alabordache.com  sans que l'auteur n'y soit indiqué, si leurs auteurs peuvent se manifester je mettrai alors à jour ma documentation, merci d'avance. (mise en ligne le 25/04/2009)



1972. Le Provençal enfourne dans une lame. Est-ce la méditerranée ? Photo prise de l'aileron babord de la passerelle. (Photo auteur inconnu - www.alabordache.com - 1972)



1973. Accostage ou appareillage des appontements Milhaud à Toulon. Photo prise depuis l'échelle vers la passerelle à babord. (Photo auteur inconnu - www.alabordache.com - 1973)


1965. Plage arrière du Provençal. La légende indique "au large en exercice", cela doit être sans doute un exercice de veille optique. (Photo Henri BARBE - 1965)



1975. Pas de légende pour cette photo, mais je pense que nous sommes dans le carré des officiers mariniers, il s'y passe une cérémonie initiatique dont les tenants m'echappent quelque peu. Il faut dire aussi que les traditions de carrés étaient aussi strictes qu'ésotériques. (Photo Salvatore SCARNA - 1975)


1975. Hélitreuillage depuis la plage arrière du Provençal par une allouette III de la marine. J'espère que cela n'a pas de lien avec la photo précédente. (Photo Salvatore SCARNA - 1975)



1966. Vue du poste avant du Provençal, nous sommes sans doute en escale car la tenue de sortie est prête sur la banette, peut-être est-ce après une inspection car le poste me parait particulièrement bien rangé. (Photo Bernard DAMBLON - 1966)


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D'autres photos et documents d'origines divers et variées. (mise en ligne : 03/04/2010)


Le 30 janvier 1980, le capitaine de frégate ROUAULT prend le commandement du Provençal. Photo parue dans un "Cols Bleus". (Photo Marine Nationale (Cols Bleus - 1980)


Le 21 mars 1977, les destinées du Provençal sont confiées au capitaine de frégate HOUETTE. Ce qui se passait dans la tête d'un des membre de l'équipage, je pense m'en souvenir un peu, mais ce que ressentait celui qui prennait le commandemant, je l'ignore, alors si un ancien commandant me fait l'honneur de me lire, je serais très heureux d'en connaître les souvenirs. (Photo Marine nationale (Cols Bleus) - 1977)


Le samedi 5 octobre 1974, le Provençal appareille pour une mission en afrique. Bon d'accord, cette photo n'est pas formidable, mais elle est ancrée dans mes souvenirs car je venais d'embarquer, la veille pour être précis, sur ce noble vaisseau. le mardi précédent, mon commandant à la direction du port de Toulon me désignait "volontaire" car il manquait un quartier-maître fourrier sur le Provençal, je n'ai même pas eu le temps de me poser la moindre question, j'ai fait mon sac, prévenu ma famille, dit au revoir aux copains, puis direction les appontements Milhaud, pour les vaccins on verra bien à Dakar. Il valait mieux savoir s'adapter, ceci dit, je ne regrette rien de cette époque. (Photo Marine nationale (Cols Bleus) - 1974)


A la fin des années 1960, transfert de courrier via la "chaise" entre l'Agenais d'où la photo est prise et le Provencal que nous voyons. La "chaise" est balancée, imaginez la même avec un individu assis dessus. Belle photo d'ambiance, merci Guy pour cette photo. (Photo Guy BASTIN - 1967-70)


Photo plus triste que la précédente, le Provençal est désarmé et accosté au quai est de Missiessy, il y est arrivé en novembre 1987. Ses numéros de coque ont bien-sûr disparu, des trous hâtivement rebouchés témoignent des enlèvements de matériel, surtout dans la partie machines. Je ne sais pas qui a pris cette photo, trouvée sur le net, si son auteur se reconnaît, qu'il prenne contact, j'aimerai avoir d'autres renseignements sur cette période. Merci à lui. (Photo d'origine inconnue - > 1987)


La coque désarmé du Provençal est ancrée à Brégaillon et sert comme source de pièces de rechange. Il sera coulé le 4 novembre 1992 en Méditerranée en tant que cible. Je ne sais pas non plus d'où vient cette photo, comme dit précédement si son auteur se reconnaît ... (Photo d'origine inconnue - > 1987)



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Quelque part en Méditerranée, le Provençal chasse une torpille d'exercice d'un des tubes babord. La photo est un peu trouble, le photographe a dû être surpris par le lancement. (Photo www.alabordache.com - > 197?)



1963. Le Provençal passe le canal de Suez. Photo prise vers l'arrière, on aperçoit au fond le reste du convoi. (Photo www.alabordache.com - > 1963)



Le Provençal fait des essais de vitesse, en route vers le phare du Planier, au large de Marseille, je situe cette photo au début des années 1970 à cause de la qualité de la photo, mais sans certitude. (Photo www.alabordache.com - > 197?)



1973. Le Provençal est à quai à Toulon aux appontements de Milhaud. Vue vers l'arrière à gauche de la photo un canot qui venait s'ajouter à la baleinière du bord. (Photo www.alabordache.com - > 1973)



Novembre 1963. Le Provençal est au mouillage à Mayotte. (Photo www.alabordache.com - > 1963)



1963. Le Provençal est à Diégo Suarez. Le Provençal est à gauche de la photo, l'autre escorteur rapide (à son tribord) est le Picard, alors chef de division de la 3ème DER. (Photo www.alabordache.com - 1963)



1977. Le Provençal se présente sur le tribord d'un autre rapide, sans doute le Béarnais. (Photo LEMONNIER -> 1977)



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En 1963, le Provençal participait à une croisière MOUSSON dans l'océan Indien. José VASSEUR était à bord comme second-maître torpilleur. Il m'a envoyé des photos de cette mission ainsi que ses souvenirs, je vous les livres tels quels, sans plus de commentaires car José s'en charge très bien tout seul. 

Croisière Mousson 1963

Au cours de cette croisière plusieurs évènements heureux et malheureux sont intervenus.  En voici quelques uns.
Alors que nous avions passé le Canal de Suez et nous trouvions en Mer rouge il y eut une diffusion générale. Tout l'équipage était invité à monter sur le pont sauf les " bouchons gras", car il fallait bien que le bateau avance.
Le commandant nous demanda de scruter l'horizon car il y a avait un évènement inhabituel. il signalait comme une ligne noire vers la laquelle nous nous dirigions. Personne ne voyait rien et nous nous interrogions tous. Soudain " Ca y est nous venons de franchir le Tropique du Cancer".  La petite farce était gentille.

Pour le passage de l'Equateur il en fût tout autre.

La veille le Facteur : le second-maître électricien Tufraut et le garde champêtre : le second-maître Electricien d'arme du service ASM Spirakof délivraient les convocations.

A    V    I    S

Envoyé accrédité, extraordinaire et
plénipotentiaire de la Très Haute, très profonde, très puissante
et très salée Majesté, EMPEREUR DES MONDES EQUATORIAUX,
je vous informe, hardis navigateurs, que son Auguste Maître vous
recevra demain en son domaine, entouré des plus brillants représentants
de sa suite, avec toute la pompe que doit caractériser une cérémonie aussi glorieuse et redoutable.  


Fait en son domaine équatorial
            Le 8éme jour de notre marée équinoxiale extraordinaire

                        NEPTUNE


1963. Avant le passage de la ligne le facteur (second-maître Tufraut) et le garde-champêtre (second-maître Spirakof) délivrent les convocations aux malheureux néophytes. (Photo José VASSEUR - 1963)



1963. Passerelle du Provençal. le Commandant du Pro, le capitaine de corvette LACOSTE accueille le facteur et le garde-champêtre, au second plan le second-maître DSM MALLERON. (Photo José VASSEUR - 1963)


1963. La coutume doit être respectée, le commandant ne peut faire autrement que d'offrir aux deux fonctionnaires un verre de vin afin de leur donner du courage dans la rude tâche qui les attend. (Photo José VASSEUR - 1963)


1963. Passage de la ligne. Après les formalités protocolaires vis à vis de l'autorité supérieure, les deux braves fonctionnaires continuent la distribution des convocations dans les postes ou comme ici dans la cafétaria. Le second à partir de la droite est le quartier-maître torpilleur LADOUHE. (Photo José VASSEUR - 1963)

Il y eut bien entendu le passage devant le gendarme, le savonnage, le plongeon par la planche dans la baille  et le lavage à la lance à incendie.
Je reçus le même diplôme que ceux figurant déjà  sur le site. Il est affiché dans mon bureau.

A Majunga je crois, nous avons visité l'île, le Second-Maître électricien Le Plapoux et moi sur la photo ci-dessous, le second-maître Le Plapoux.


1963. Majunga à Madagascar. Le second-maître Le Plapoux joue les touristes. (Photo José VASSEUR - 1963)


1963. Majunga (Madagascar). Le second-maître VASSEUR photographié par le second-maître LE PLAPOUX, si ! si! regardez bien sur les racines du baobab. (Photo José VASSEUR - 1963)

Il y eut ensuite 3 incidents. Le premier était assez important.
 

A Diego-Suarez au cours d'un exercice de simulation de débarquement dans une baie, le chef de flottille ordonne au Provençal une route.  Le Commandant regarde la côte, fait un demi-tour vers la table à carte et ordonne : " Stop, machine arrière toute ! ".  Et oui nous nous dirigions tout droit vers un banc de sable dont la signalisation, une bouée,  avait disparue et avec la marée descente  il y avait danger. Il y a eu un léger choc, nous avons "beaché".  Un faible essai de marche arrière, pas trop pour ne pas aspirer du sable, puis fermeture immédiate des ouvertures de coque.

Nous étions au sec.  Aussitôt intervention des plongeurs de bord, il n'y avait pas de dégâts apparents.  Deux remorqueurs arrivent de Diego et tentent une manœuvre qui échoue. Que faire? Alléger le bateau.
Deux opérations sont alors envisagées. Débarquement du carburant et des munitions.
 

Pour le carburant un chaland accoste et l'on refoule.  Pour les munitions c'est plus difficile, il y a deux soutes pour les 57 mm et les torpilles dont certaines de combat.  Pour les obus il est fait appel à des militaires qui fiers de nous rendre service attaquent le débarquement au pas de course. Nous leur demandons de modérer l'allure car il y a beaucoup de containers de 4 obus. Ils continuent et nous sommes obligés de faire appel à une autre équipe pour achever le travail. 

En tant que maitre chargé torpilleur, je prépare le débarquement des torpilles mais nous sommes inquiets car Diego n'est pas équipé de chalands munis de berceaux.

Un débarquement se présentait comme sur la photo ci-dessous, qui n'a pas été prise durant la croisière Mousson



Comme l'indique José, voici une photo montrant un débarquement de torpille, cette photo a été prise sur un autre escorteur rapide que le Provençal car il n'y avait pas de valise porte-torpilles sur les escorteur du type e52b comme le Provencal. Elle est très intéressante car elle permet de bien détailler ces torpilles. (Photo José VASSEUR - 1963)

 Le jour tombe et trois remorqueurs arrivent, la marée est remontée.  L'un d'eux se met en flèche arrière et les deux autres de chaque bord.
Celui en flèche tire pendant que les deux autres le font chacun leur tour afin de faire pivoter le bateau et ainsi d'agrandir la souille. L'opération réussit et nous entrons au bassin. Il n'y a pas eu de gros dégâts grâce à la rapidité de fermeture des vannes de coque.

C'est à cette période que nous apprenons l'assassinat du Président des Etats-Unis et que le second maître mécanicien prénommé "Mario" chute dans un  trou sur le quai et se blesse aux côtes. Conséquence :  immobilisation sur la bannette dans le poste OM arrière. Nous y logions à 4.  C'est le second-maître commis Pennaneach qui nous ramène le sourire en nous faisant servir de très délicieux beefsteaks de zébu. Nous disons alors comme il avait l'habitude de le dire lorsque le chef de gamelle faisait un bon supplément " C'est l'opulence ! ".

Un autre fait aurait pu être un incident assez grave. Au cours d'un ravitaillement en mer, l'équipe de plage arrière est en place et l'électricien est à son poste.
Comme cela est prévu il porte le casque avec le téléphone incorporé. Soudain la tourelle arrière de 57 mm se met en mouvement et la volée frôle son casque. Il crie mais il n'est pas touché. La tourelle continue ses mouvements. Je laisse là mon équipe, il y a quand même l'officier le lieutenant de vaisseau Beraud et je me précipite à la passerelle en criant " Quel est le con qui manœuvre la tourelle arrière ? ". Le Commandant m'interroge et m'informe qu'il y a en même temps un exercice de défense. Je lui fais alors savoir que nous n'en n'étions pas informés. Renseignements pris cela avait été oublié sur la feuille de service. Un remontage de bretelle s'en suivit.

Nous verrons par la suite des avions dans le ciel et le mortier ASM manœuvrer, mais lui ce n'était pas pour les avions.



1963. Une vue du mortier de 305mm ASM. Les bouches ASM sont au milieu, on voit aussi, qui partent vers la gauche les rampes permettant de tirer des fusées éclairantes. Cette photo est prise au cours d'un ravitaillement à la mer, le pétrolier que l'on aperçoit sur la droite est le A627, autrement dit La SEINE. (Photo José VASSEUR - 1963)

A Massawa, (Ethiopie à l'époque, Erythrée aujourd'hui) nous avons été frappés par la prostitution qu'il y avait. Dans les rues les femmes devant leur porte attendaient le client. Derrière elles, une pièce et une porte. Derrière cette porte, fermée par un simple rideau se trouvait la famille. Nous avons fait l'essai, sommes entrés par une porte et ressortis dans l'autre rue.
Toujours en nous promenant nous sommes arrivés prés d'un bâtiment d'où s'élevaient des cris. Nous nous sommes approchés et nous sommes aperçus qu'il n'y avait que des chambres de prostituées et ce jour là c'était jour de désinfection. Les ouvriers projetaient de la poudre blanche, non seulement sur le sol, mais également sur tout le mobilier d'où les cris des locataires.

Alors que nous terminons la traversée du canal de Suez,  nous prennons un peu de vitesse et larguons les deux embarcations que nous avions à couple. Les deux servants qui étaient également des marchands de souvenirs qu'il avait fallu surveiller de près et les empêcher d'entrer dans le bateau attendaient depuis un moment que nous les larguions ils avaient peur et criaient, nous nous rigolions en pensant au temps qu'il allait leur falloir pour regagner leur base.  Ce passage du canal n'était pas un plaisir. Il fallait attendre son tour, charger un énorme projecteur à l'avant et pour la passerelle supporter un pilote qui changeait souvent et sa nationalité aussi. Durant l'arrêt dans le lac, l'un d'eux  aux cheveux bien gominés a exigé une couchette pour se reposer et il a fallut s'exécuter. A la sortie le LV Beraud a invité les OM du pont à boire un pot. Nous avions passé près de 24 heures sur le pont.

Dernier incident alors que nous faisons route vers Toulon. En pleine nuit un grand coup de gite, beaucoup de matériel sur le planche mais surtout : " Que se passe-t-il ? "
Il n'y a pas de bobo mais il aurait pu en avoir. Dans la partie sud de la Méditerranée il y a beaucoup de bateaux et des gros.  Voila la situation.
Le Provençal fait route, mais arrive par tribord arrière un énorme pétrolier qui va nous dépasser. L'officier de quart  qui connait les règles de navigation se dit " je suis prioritaire "et pense que le pétrolier va changer de cap. Il semble que celui-ci  soit sur pilote automatique et se moque bien d'une petite baille. Et c'est ce qui se passe.
L'officier de quart réagit trop tard et est obligé d'ordonner un " A gauche toute ! " ce qui amène cette forte gite.
Un coup de gite ce n'est pas grave mais au petit matin surprise. Le pont bâbord est plein de mazout. Les cuves avaient été remplies la veille et le coup de barreavait déversé le trop plein de mazout sur le pont. Les cloisons venaient d'être lavées avant l'arrivée à Toulon.  Chargé de l'entretien des ponts je n'étais pas en joie. Le nettoyage a été fait en grande partie avec le personnel de l'officier de quart. Nous avons quand même aidés pour la plage arrière.



1963. Photo du nettoyage de la plage arrière après l'incident décrit ci-dessus. Pour avoir connu une rupture de manche de mazout lors d'un ravitaillement à la mer, je me rend compte du chantier que cela à dû être. (Photo José VASSEUR - 1963)


1964. Pour finir, le second-maïtre VASSEUR, plage arrière, qui quitta le Provençal en juillet 1964 avant son départ pour sa seconde croisère en océan Indien. Je tiens à remercier encore José VASSEUR pour avoir pris le temps de coucher sur le papier ses souvenirs afin que nous en profitions tous. (Photo José VASSEUR - 1963)



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Vous le savez sans doute mais votre serviteur a embarqué sur le Provençal, il y avait a bord une "Radio Provençal" qui émmettait le soir. L'animateur de cette radio était le "sorcier" Francis JACQUOT qui prennait son rôle très au sérieux mais aussi avec beaucoup de bonne hummeur. Je viens de le retrouver sur le net, il avait pris des photos à l'époque, je vous les montre, Francis n'avait pas que des talents pour la radio, il avait aussi l'oeil du photographe, encore un grand merci à lui pour ses souvenirs, bonne lecture !!

 

Vue vers l'arrière du Provençal, la mer est formée avec un ciel de traîne, le bateau prend de la gîte, normal pour un "rapide". Remarquez la cloche accrochée au mât. Celle-de l'Alsacien a été conservée par une amicale d'anciens en Alsace. (Photo Francis JACQUOT - 1975)



La plage avant entre dans la lame, le Provençal va avoir de belle moustaches blanches, cette photo est prise depuis le poste optique sur la passerelle supérieure. (Photo Francis JACQUOT - 1975)


Une autre vue un peu semblable à la précédente, la méditerranée dans toute sa splendeur quand elle voulait ressembler à l'océan. (Photo Francis JACQUOT - 1975)


Exercice ASM, lancer de torpille depuis les tubes babord arrière. (Photo Francis JACQUOT - 1975)


La suite comme si vous y étiez. Ces photos doivent être prises de l'arrière de la passerelle à babord. (Photo Francis JACQUOT - 1975)


Autre lancer, à partir du premier tube de la série, le Provençal semble arrêté donc ceci devait être plus un essai de tubes qu'une réelle chasse de sous-marin, la récupération des torpilles n'en était que plus facile. (Photo Francis JACQUOT - 1975)


Très photogéniques les torpilles, non ? (Photo Francis JACQUOT - 1975)


Pour finir, une vue depuis la passerelle découverte, cette photo me rappelle ces moments passées à contempler la mer, comme ça pour le plaisir. Merci encore à Francis pour avoir fait revivre ces souvenirs. (Photo Francis JACQUOT - 1975)

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Roger VALLET a été embarqué sur le Provençal de 1958 à 1960. Il a donc véçu la mise en service du bateau, ses souvenirs n'en sont que plus précieux. Il y était maître mécanicien, et c'est le point de vue d'officier-marinier qu'il nous fait partager, ce qui est aussi un peu plus rare. Merci à lui. 




1958. Nous sommes dans le carré des maîtres du Provençal. Sur cette photo on voit de gauche à droite : le premier-maître mécanicien BOULERY, le maître mécanicien BERGOT, le maître électricien ENDREO, le maître fourrier CHABAUD, le maître canonnier GUEZIEC, et pour finir le maître mécanicien VALLET. (Photo Roger VALLET - 1958)



1958. Le maître électricien ENDREO semble avoir un petit problème avec son verre de vin, amérissage d'un insecte assoiffé peut-être ? Sous les regards amusés du maître fourrier CHABAUD et du maître canonnier GUEZIEC. La vaisselle en porcelaine avait son charme, mais les jours de grosse mer, les plateaux de la cafétaria équipage devaient être plus pratiques. (Photo Roger VALLET - 1958)



1958. Le maître mécanicien BERGOT dans "l'intimité" du poste des maîtres. Les couchettes n'étaient que sur deux niveaux (3 niveaux pour l'équipage) et les armoires personnelles nettement plus grandes. Quel luxe ! A côté de son bras droit, on peut aperçevoir une bouche de ventilation, très pratique et un réel confort pour l'époque, je me souviens que ces conduits d'air servaient aussi de passage pour les insectes rampants qui se promenaient à bord et parfois un d'entre eux était pris par un flux d'air et était éjecté par une de ces bouches. (Photo Roger VALLET - 1958)



Le maître DEBONNE, Roger Vallet n'est pas plus explicite, mais sa tenue laisse à penser qu'il devait être mécanicien. (Photo Roger VALLET - 1958)



Pour suivre voici le maître canonnier GUEZIEC. Sans doute en train de réviser ses tables de pointage. (Photo Roger VALLET - 1958)



Qui était ce maître occupé à la table du poste ? Roger pense qu'il était torpilleur. S'il se reconnaît ? (Photo Roger VALLET - 1958)



Voici une photo qui me tient particulièrement à coeur. Elle représente le maître fourrier CHABAUD dans le bureau administratif du Provençal. C'était mon lieu de travail quand j'étais à bord, plus exactement mon bureau était celui qui est à droite du maître Chabaud. Que de souvenirs ! (Photo Roger VALLET - 1958)




Dans toute sa splendeur, le maître mécanicien VALLET, ici devant le panneau de manoeuvre machine. J'ai toujours été ébahi par le sentiment de propreté qu'il pouvait règner dans la machine, cela devait être sans doute proportionnel à l'amour et à l'attention maternelle que les mécaniciens mettaient vis à vis de leur matériel. Il faut dire que sans eux, le bateau n'existait pas. Encore merci à Roger VALLET pour ces documents et A SUIVRE ... (Photo Roger VALLET - 1958)

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Pour continuer, le Provençal assure des missions de surveillance au large de l'Agérie à l'époque française, nous sommes dans les photos qui suivent au large du port de Nemours à l'ouest de l'Algérie.





Au large de Nemours, sur la côte algérienne, le Provençal participe à la surveillance de traffic maritime pour empêcher la livraison d'armes au maquis du FNL algérien. Nous le voyons ici au cours de manoeuvres avec le croiseur "Jeanne d'arc", déjà bâtiment école, mais précédant le bateau actuel. La ligne du croiseur évoque bien les bateaux français de l'avant-guerre. (Photo Roger VALLET - 1960)




La "Jeanne d'arc" vient se présenter sur le babord du Provençal pour un exercice de transfert de personnel. On voit bien sur la photo les passavants sur lesquels venaient s'ouvrir les locaux des élèves officiers. (Photo Roger VALLET - 1960)



1960, transfert de personnel grace à la "chaise" entre la "Jeanne d'arc" à gauche et le Provençal. A l'époque l'escorteur est flambant neuf et cette photo le montre bien, remarquez aussi le beau dévers de l'avant de la "Jeanne". (Photo Roger VALLET - 1960)



1960. A tribord du mât de beaupré, le petit port de Nemours. Roger signale qu'étant amarré, un violent coup de vent oblige d'appareiller en catastrophe, les aussières ont été coupées à la hache et ensuite le bateau a bien failli entrer en collision avec le gros "caillou" que l'on voit à l'entrée du port. Pareille aventure nous est arrivée en 1974 au mouillage à  Port-gentil au Gabon, mais là c'est la ligne de mouillage qui en a fait les frais. (Photo Roger VALLET - 1960)



1960. Voici le fameux "caillou" sur lequel le Provencal a bien failli terminer sa carrière, à l'entrée du port de Nemours. (Photo Roger VALLET - 1960)




1960, plage avant du Provençal au large de Nemours, avec toujours la belle passerelle de ce type d'escorteur. (Photo Roger VALLET - 1960)



1960, le zodiac du bord est mis à l'eau afin d'aller contrôler le chalutier que l'on voit au loin. Ces missions devaient être assez fastidieuses, mais faisaient partie des missions alors demandée aux escorteurs. (Photo Roger VALLET - 1960)




1960, le zodiac revient à bord, l'équipe de contrôle se compose de 3 officiers-mariniers et 2 matelots sans doute pris parmi les fusiliers du bord. Encore merci à Roger Vallet pour ces documents.(Photo Roger VALLET - 1960)



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J'ai obtenu de Laurent ces deux belles photos du Provençal à Marseille en 1960, s'il le veut bien je vous donnerai plus d'informations la semaine prochaine sur le photographe. En attendant merci à lui.




1960 - Le Provençal à quai à Marseille dans le vieux port. Une très belle photo. (Photo Laurent - 1960).



1960 - Le Provençal est à quai à Marseille, dans le vieux port. Vue typiquement méditerranéenne avec au premier plan les "pointus", bateaux de pêche de la région, avec leur poupe en forme de proue. (Photo Laurent - 1960)






De janvier 1972 à avril 1974, Jean-marc CHIAVERINA dit "le ché", était embarqué sur le Provençal. Il était mécano à la chaufferie et aux bouilleurs. Il a écumé entre autre l'océan indien et il nous envoi quelques clichés, merci Jean-marc et bon vent.




1972, Diégo-suarez, le Provençal a formé une équipe de rugby, et voici l'alignement de la touche, les visages ne respirent pas la sérénité de l'équipe qui gagne, mais l'histoire n'a pas retenu le vainqueur, au fond quelle importance. Sur cette photo on peut reconnaître en premier le second mâitre fusco BOURRELON, suivi du sauteur qui est Philippe BROBECK, actuellement artiste peintre, ensuite un mécano dont la mémoire de jean-marc n'a pas retenu le nom, puis Jules ONFROY et pour finir le chef machine GENSEL attentif au lancer du ballon. (photo Jean-marc CHIAVERINA - 1972)



Iles Canaries, 1973. Les permissionaires posent devant un dromadaire, celui qui semble le plus familier avec l'animal est le médecin du bord, au centre. (photo Jean-marc CHIAVERINA - 1973)



1973 - Toulon (sans doute !). Jean-marc pose sur les tubes lance-torpilles du Provençal. Dans la première partie des "souvenirs du Provençal", il y a une photo venant de "Cols bleus" de 1972 qui montre le Provençal revenant de la mission dans l'océan indien, Jean-marc y a reconnu ses parents qui étaient venus l'accueillir sur le quai. Merci Jean-marc pour ces souvenirs. (photo Jean-marc CHIAVERINA - 1973)





1964 - Diégo Suarez, le Provençal en câle sèche. Robert Fogliata pose devant l'étrave de l'escorteur. Cette photo me rappelle un peu certaines photos sur la marine d'avant guerre, à cette époque la France était fière de sa marine et cela se voyait sur les clichés. (photo Robert FOGLIATA - 1964)




1964 - Diégo-Suarez. Le Provençal en câle sèche. Vue des deux hélices. En bas de la photo on peut aperçevoir des tins, pièces de bois qui supporte le bateau dans la forme, ils doivent être disposés de manière très précise par rapport à la carène du bateau, sous la pression du poids de la coque, ils se déforment un peu et assurent une bonne tenue de la quille. (photo Robert FOGLIATA - 1964)




1964 - Robert FOGLIATA est embarqué comme appelé, spécialité radio-télégraphiste, sur le Provençal qui effectue une mission dans l'océan Indien. Le voici posant devant le "Pro" qui est en câle sèche à Diégo-suarez après avoir fait un détour par la Réunion et l'Ile Maurice, les souvenirs n'ont pas du manquer. Robert signale qu'à l'aller au large de Djibouti avoir subi une tempête qui a duré trois jours, là ce ne devait pas être "la croisière s'amuse". Merci à Robert pour toutes ces photos. 



1964, Le Provençal entre dans les eaux australes, l'équipage reçoit après moultes cérémonies, le précieux certificat de baptême, l'équateur, ligne mythique, voici celui de Robert Fogliata. (photo Robert FOGLIATA - 1964)





Ces deux photos n'ont pas un lien direct avec le Provençal, mais je voulais les mettre aussi, tout simplement pour le souvenir. C'est la médaille que Robert a obtenu comme appelé à l'école des radios en 1964, mais je lui laisse lui même expliquer tout ça :

" D'après mes souvenirs, l'école des radios, située aux Bormettes, hameau de La Londe les Maures, dans le Var, formait les radiotélégraphistes embarqués et non embarqués. J'ai du faire partie d'une des dernières escouades d'appelés, peut-être même la dernière, qui avait droit à cet enseignement. Après, je pense qu'il n'y a eu que les engagés qui étaient choisis.
J'ai donc été formé, après mes classes à Hourtin, dans cette école, de début Janvier à fin Avril 64. A notre arrivée, le capitaine de compagnie nous a souhaité la bienvenue bien sur, et nous a fait un petit "spitch" sur le fonctionnement de l'école. Il nous a prévenu que ceux qui avaient une bonne oreille, s'en tireraient mieux que les autres. Je savais que j'avais l'oreille très musicale, mais de là à penser que je serai l'élite de la promotion, vraiment sans le vouloir, premier en prise de son, premier en procédure, premier en manipulation, bref, ils n'avaient pas vu cela depuis longtemps. Lorsque nous sommes partis, à l'inspection le Capitaine de compagnie m'a serré la main, à moi seul, je n'en revenais pas. Je pense que la médaille, qui m'a été remise en privé à l'école, avec un livre que j'ai encore, vient de ce résultat exceptionnel. Mais je n'ai jamais fait aucun effort pour arriver à ça, c'est comme un don. Il est vrai que j'aime énormément la musique, cela doit venir de mes facultés à entendre parfaitement. Maintenant encore, à bientôt 64 ans, je prends encore le morse, à condition que cela n'aille pas trop vite bien sur. "

(photo Robert FOGLIATA)



Voici l'autre côté de la médaille, sans jeu de mot. Merci à Robert pour ces souvenirs.  Je l'ai déjà dit, mais je me souviens que les appelés avaient à bord une place entière et reconnue par le reste de l'équipage, quand on faisait bien son travail, on était reconnu par les autres, quel qu'était son statut. (photo Robert FOGLIATA)


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Dans cette partie figurent des documents un peu divers, des souvenirs sans lien les uns avec les autres, comme une vieille boîte de biscuits où on a accumulé les souvenirs.


Bernard CATHERINE nous a déjà envoyé beaucoup de photos visibles dans la première partie des "souvenirs du Provençal", en voici d'autres plus variées. Tout d'abord ci-dessus l'en-tête du papier "officiel" du Provençal frappé des armes de la Provence bien-sûr (Bernard CATHERINE).



Dans les années 60, des buvards ont été imprimés et les "rapides" ont eu l'honneur de la série. Ces buvards sont signés "Haffner", peintre de la marine qui a beaucoup fait pour la marine. A droite, on peut lire l'indicatif du Provençal, foxtrot, bravo sierra, roméo. (Bernard CATERINE).



Voici le fameux certificat de baptême qui marque le passage de la ligne. C'est celui de Bernard Catherine en 1963, j'ai malheureusement égaré le mien lors d'un déménagement, mais je peux vous assurer qu'en 1974 c'était le même que nous recevions, non sans quelque fierté quand même. Merci à Bernard pour ces documents.

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