SOUVENIRS DU VENDEEN

Du 18 février 1975 au 17 mai 1975, le Vendéen à Participé à une mission de type "Sargasses" avec le Bourguignon. Pour l'occasion
une brochure a été éditée par le bord. Je vous propose d'en suivre les épisodes via le tableau ci-dessous, sinon il y a d'autres aventures aussi.


Le Vendéen par José ARUFE en 1969 et 1970
Le Vendéen encore de sources et dates diverses
Le Vendéen dans la presse et plus exactement dans "Cols Bleus"
La chasse au FOX-TROT par Patrick V*** en 1972
Le Vendéen par Claude MOSOLL en 1972
Le Vendéen par Claude HENNARD en 1977
Le Vendéen diverses sources, diverses époques (je sais, c'est vague)
Le Vendéen par Pierre CARDIN en 1961 et 1962
Deux récits sur le Vendéen par Jean-Charles MEYER en 1964 et 1972
Le Vendéen en 1966 par Michel FAIVRE avec le passage de la ligne
Le Vendéen en 1975 par Francis JACQUOT et témoignage de JL CHATEAUX
Le Vendéen en 1976 par Roger GARGADENNEC
La brochure de la mission SARGASSES de 1975.
Opération ATLAS du 22 au 26 février 1975
L'afrique, DAKAR et ABIDJAN du 1er au 19 mars 1975
La ligne et le Brésil du 27 mars au 11 avril 1975
Les Antilles et les Açores du 11 avril au 17 mai 1975



Souvenirs trouvés sur l'excellent forum des anciens cols bleus et que nous devons à José ARUFE, matelot détecteur embarqué en 1969 pour son service militaire. Un grand merci à lui. (Mise en ligne le 4 septembre 2011)



1969. A droite le Vendéen et à couple à babord un autre escorteur rapide, il me semble voir un "4", on peut donc en conclure que c'est l'Agenais car l'autre "4" était le Bordelais qui était en réserve à l'époque et de toute façon très différent dans son armement. (photo José ARUFE - 1969)





Le Vendéen en bassin en carénage. L'auteur de cette photo a mis en ligne sur le forum ses premières impressions d'embarquement, je vous en fait part car elles correspondent bien à ce que beaucoup d'entre nous ont dû éprouver alors.

"
Je me souviens de mon embarquement sur LE VENDEEN. Après mes classes à Hourtin et l'Ecole des Détecteurs de Porquerolles, je suis affecté sur cet escorteur rapide. J'arrive en gare de Toulon sous une pluie diluvienne, le coeur en bandoulière et l'angoisse au ventre. J'ai vingt ans et je marche seul vers l'inconnu. A l'entrée de l'arsenal on m'indique où se trouve LE VENDEEN en carénage, donc à sec. L'Aigle des Mers sur lequel je me voyais appareiller à la conquête des océans me paraît enfin dans l'eau, oui mais celle des nuages, pas sur l'eau. On dirait un éclopé soutenu par des béquilles!
A bord je suis reçu par le Premier Maître en charge des détecteurs. Il connaît les coursives comme moi mon couloir. Enjambant toute sorte d'objets qui encombrent le sol, il se déplace vite, trop vite pour moi qui ne connaît rien. Il disparaît deux ou trois fois et me laisse désemparé, perdu. Il apparaît parfois au sommet d'une échelle et me demande de le suivre. Que j'ai dû lui paraître empoté! 
Deux heures plus tard je faisais parti de l'équipe des détecteurs, je les connaissais presque tous et débutais une période de 13 mois d'enchantement et d'apprentissage de la vie!
Nous étions tous sur le même bateau et nous avions la vingtaine! Deux jours plus tard je naviguais enfin! ". (photo José ARUFE - 1969)




Le Vendéen est toujours en carénage, vue sur les hélices et le gouvernail. Les mers comme la méditerranée favorisent le développement de parasites sur la coque qui ont pour effet de ralentir le bateau. On sablait la coque, d'éventuelles réparations étaient alors effectuées. (photo José ARUFE - 1969)




Un autre travail du bord, sans doute ingrat mais sûrement indispensable. Ici le bateau est à flot et les peintres se trouvaient sur des radeaux en bois déplacés le long de la coque au fur et à mesure des travaux de peinture.
En tant que fourrier, je m'occupais du magasin général et je peux vous assurer que la consommation de peinture était assez importante. Il faut dire que la belle était attachée à son apparence. (photo José ARUFE - 1969)



1969, Toulon sans doute durant l'été car les tauds sont à poste plage avant, ces tentes étaient indispensables dès que le soleil nous gratifiait de ses bienfaits. A l'arrière plan, l'Alsacien ou le Béarnais. (photo José ARUFE - 1969)




Une autre obligation du service à bord, la garde de la coupée, sans doute ici au cours d'une escale car il y a plus cérémonial que d'habitude, la photo du bateau et le fusil du factionnaire en témoignent. (photo José ARUFE - 1969)




Autres travaux de peintures, mais cette fois à l'intérieur d'un des postes d'équipage. Les caissons, rare espace personnel de chacun, auront une deuxième jeunesse. (photo José ARUFE - 1969-1970)




1969. Photo souvenir, l'escadre semble être au mouillage, peut-être au cours d'un exercice.
(photo José ARUFE - 1969-1970)




Sans doute aussi au cours d'un exercice, une alouette III de l'aéronavale fait un hélitreuillage sur la plage arrière du Vendéen. L'affût de 57mm arrière est basculé sur tribord pour faciliter la manoeuvre. (photo José ARUFE - 1969-1970)




Travaux de peinture dans le mât principal, ces travaux étaient indispensables à l'entretien des aériens du bateau. Sur le flanc tribord du bateau, remarquez le radeau à peinture. (photo José ARUFE - 1969-1970)




Juin 1969, souvenir d'une escale à Gênes en Italie, voilà comment Aurélia a de mémoire dessiné José. Je ne ferai pas de remarques sur la façon dont elle le voyait dans ses souvenirs, je pense aussi qu'il y a maintenant prescription. (photo José ARUFE - 1969-1970)




Le Vendéen est en escale à Sète en aout 1969. (photo José ARUFE - 1969-1970)



Autre souvenir d'escale, cette fois à Bizerte en Tunisie. (photo José ARUFE - 1969-1970)




Autre souvenir que tous les anciens reconnaîtront sans trop de problème, remarquez quand même le cachet "Autorisé à découcher", autres temps, autres moeurs. (photo José ARUFE - 1969-1970)


Pour finir ici les souvenirs de José de son passage à bord du Vendéen, voici un poême qu'il a composé lors de son embarquement, encore un grand merci à lui pour ses souvenirs.

LE VENDEEN

L'Escorteur Rapide, fier du travail accompli,
S'en revient fendant la houle des basses eaux.
Le marin de son bord, fier d'y avoir servi,
En débarque, fendant la foule des badauds.

Qui n'a jamais navigué, ne peut comprendre
Le bonheur partagé à contempler la mer.
Pas un seul mot de trop pour ne pas retarder
L'éclosion en chacun d'un bouquet de pensées.

Qui n'a jamais navigué, ne peut entendre
Le rythme de tambour des lames de travers.
Pas la moindre fausse note pour ne pas perturber
Les coeurs en harmonie pour toujours cadencés.

Qui n'a jamais navigué, ne peut comparer
Le doux bercement dans les bras d'une mère,
Les tendres chansonnettes dans un lit d'enfant,
A ceux de la houle qui borde les rêves.

Qui n'a jamais navigué, ne peut se douter
Que des inconnus se comportent en frères,
Tous unis dans l'effort pour aller de l'avant,
Sur le même bateau, sans repos ni trêve.

L'Escorteur Rapide, fier du travail accompli,
S'en revient fendant la houle des basses eaux.
Le marin de son bord,fier d'y avoir servi,
En débarque, fendant la foule des badauds.


 (José ARUFË)




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Des photos diverses en dates et en sources, ces dernières bien souvent et malheureusement d'auteurs inconnus. (Mise en ligne le 12 mars 2011)




Le Vendéen en mer. La photo a subi les épreuves du temps, mais je vous la livre telle quelle. Son auteur la mise en ligne comme les suivantes sur www.alabordache.com, mais j'ignore son identité, si il se reconnait qu'il me fasse signe. (photo www.alabordache.com - 197?)





Le Vendéen en transit dans le canal de Corinthe. La proximité des berges reste toujours impressionante. Photo prise depuis le beaupré. (photo www.alabordache.com - 197?)





Cette photo a sans doute été prise avant la précédente car on voit sur la gauche de la photo la tranchée du canal de Corinthe. Le Vendéen en attente avant de passer le canal. Il me semble que le bateau à gauche soit un escorteur d'escadre. (photo www.alabordache.com - 197?)





Sans doute dans les années 1970. La mer est belle et tellement calme  l'affût double de 57mm avant en exercice à la recherche de son objectif. (Photo www.alabordache.com - 197?)




Dans la photo précédente les canons de 57mm avant pointaient vers leur objectif, ce pointage est dirigé par le télépointeur de 57mm que l'on voit ici. (Photo www.alabordache.com - 197?)





Juste pour faire un contraste avec la photo précédente, aussi le Vendéen mais la mer est un peu plus agitée, à vous de choisir ce que vous préférez. (photo www.alabordache.com - 197?)




1967. Le Vendéen entre dans le port italien de Tarente. Ce port du sud de l'Italie est un des ports de la marine italienne. (photo www.alabordache.com - 1967)


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D'autres souvenirs divers et variés d'auteurs aussi divers et variés. Merci à eux tous. (Mise en ligne : 14/10/2012)




1977. Le Vendéen vu depuis le
Béarnais avec qui il doit sans doute faire un transfert, quelque part en Méditérranée. (photo Lemonnier - 1977)




1977. Sans doute la suite de la photo précédente, le Vendéen dégage vers tribord, toujours vu depuis le Béarnais. (photo Lemonnier - 1977)




1972 et 2012. Représentation du Vendéen à Toulon dans sa livrée de 1972. Jacques a fait cela à partir de photos, il travaille aussi sur les autres bâtiment de la Royale de cette époque, très beau travail de précision. (photo Jacques Marquet - 1972 et 2012)




1974 et 2012. Voici maintenant le Vendéen dans les eaux italiennes en 1974 au large de la Spezia. Encore merci à Jacques pour ce travail et j'espère pour les suivants. (photo Jacques Marquet - 1974 et 2012)




Cette photo semble être prise dans le canal de suez, je n'ai pas trouvé de passage du Vendéen dans ses eaux dans les années 1970, alors est-ce bien le Vendéen ? (Photo www.alabordache.com - 197?)





Photo Mystère. J'ai trouvé cette photo sur le forum de Netmarine que beaucoup d'entre vous doivent connaitre, je veux surtout rendre hommage, et n'y voyez aucune flagornerie, à ceux qui l'animent et le peuplent, ce forum est une mine d'or pour ceux qui se posent des questions sur une photo de bateau militaire. Ici, c'est une escorteur rapide qui doit être le Vendéen au vu de son numéro, bien que l'Alsacien soit aussi une possibilité. L'endroit devrait être Toulon, le sous-marin de droite serait l'Astrée, la date serait durant la première moitié des années 1960. Toutes ces indications sont encore à vérifier. (Photo forum Netmarine - 19??)



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Quelques articles issus de la boîte à souvenirs que sont les numéros de "Cols Bleus", articles d'escales et de vie du bord. (Mise en ligne le 24 octobre 2010)




1975. Le 18 février, le Vendéen appareille pour une mission en Atlantique-sud. Moments partagés entre la tension de la séparation et le désir d'aller voir ce qu'il y a de l'autre côté de l'horizon. Au fond toute la vie de marin. (photo "Cols Bleus" - 1975)




1975. La suite de la photo précédente, en mai le Vendéen retrouve les eaux de la Méditerranée. Ici, tout est à la joie des retrouvailles, j'aime beaucoup cette photo qui dit bien une certaine pudeur de sentiments, nous sommes sur le quai, les "vrais" mots sont pour la maison, mais les regards ne mentent pas. Notez que le rapide de l'arrière plan n'est pas le Vendéen. (photo "Cols Bleus" - 1975)





1981. Autre moment d'émotion, mais celui-là plus définitif. Le Vendéen quite Toulon pour Brest pour assumer le rôle obscur de brise-lames. Pour avoir déjà vu la peine de la dernière rentrée des couleurs, je n'ajouterai rien de plus que le commentaire de l'article. (photo "Cols Bleus" - 1981)




1981. Sous la plume de l'aspirant Aroux, voici le compte-rendu d'une des dernières escale du Vendéen en mai 1981 à Messine et dans les environs. (photo "Cols Bleus" - 1981)




1981. En juin, le Vendéen réserve sa dernière viste au port de Bizerte avant son désarmement. L'aspirant Aroux nous narre par le détail cette dernière sortie sans doute un peu nostalgique. (photo "Cols Bleus" - 1981)



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En 1972, Claude MOSOLL après 3 ans passés à Dakar Yeumbeul comme transfiliste, embarque sur Le Vendéen. En voici ses souvenirs photographiques, merci à Claude pour son autorisation de mise en ligne. (mise en ligne le 27/06/2009)


1972. Quelque part en méditerranée, plus précisement en mer Egée, le Béarnais se présente sur le babord du Vendéen, sans doute pour un exercice de transfert. (photo Claude MOSOLL - 1972)


1972. Autre vue du même exercice, sans doute prise quelques minutes avant. (photo Claude MOSOLL - 1972)



1972. En mai/juin, Le Vendéen participe à la sortie de l'Escadre de la Méditerranée en mer Egée et au Proche-Orient. Le voici en escale avec sur la droite de la photo l'arrière de l'escorteur d'escadre Cassard. (photo Claude MOSOLL - 1972)


1972, le 21 mai. Toujours en mer Egée, les falaises de l'île de Théra, connue aussi sous le nom de Santorin. le Vendéen s'apprête à entrer à l'intérieur de la caldeira où se trouve le volcan qui détruisit l'île vers 1550 avant Jésus-Christ. Cette éruption pourrait être à l'origine de la fin de la civilisation minoenne sur l'île de Crête à cause du tsounami qui s'en suivit. La légende de l'Atlantide pourrait également avoir cette catastrophe pour base. Certains scientifiques datent maintenant l'éruption de -1650 à -1600. (photo Claude MOSOLL - 1972)


1972. Retour à Toulon. Cette fois le Vendéen appareille pour une sortie des familles. Les familles des membres de l'équipage étaient embarquées pour une journée et chacun essayait de montrer le bateau sous son meilleur jour. Ici on a mis à l'eau le zodiac du bord. (photo Claude MOSOLL - 1972)


1972. Cette photo est intéressante car elle montre sur la gauche un sous-marin soviétique.Claude signale dans son commentaire que les rapides, à droite au fond sans doute le Basque, faisaient des 8 autour du sous-marin, le sonar au maximum pour le forcer à faire surface comme sur la photo. Comme indiqué ci-dessous l'escorteur d'escadre D'Estrée était aussi de la fête. Je pense que le sous-marin de la photo est un sous-marin d'attaque de la classe F ou fox-trot. Ces bateaux déplaçaient 1950 tonnes et 2400 tonnes à pleine charge, ils mesuraient 96m de longueur sur 7.5m de large, ils étaient armés de 10 tubes lance-torpilles de 533mm, leur propulsion était diesel/électrique leur assurait une vitesse de 20 noeuds en surface et de 15/16 noeuds en plongée. Ils ont été contruits à partir de 1959 à environ 50 unités aux chantiers navals de Léningrad, ils avaient la réputation d'être très robustes. (photo Claude MOSOLL - 1972)

Un autre protagoniste de cette chasse au "Fox-trot" a pris contact et a bien voulu nous narrer par le menu cet épisode plutôt rare des 16 et 17 juin 1972. Ma spécialité de fourrier ne m'ayant pas préparé à la technique de la chasse anti-sous-marine, je lui laisse volontiers la parole : (mise en ligne 20/03/2010)

« Le 16 juin1972, la frégate lance-missiles Suffren et l’ER Le Basque, en exercice en Méditerranée, détectent un écho sonar suspect à une soixantaine de nautiques au sud de l’île du Levant. Immédiatement dépêchés en renfort, le D’Estrées qui est escorteur d'alerte à 24h et Le Vendéen rallient le lieu de l’action à vitesse élevée. Le D’Estrées obtient bientôt l’écho sur son sonar remorqué, à 24 000 yards de distance et à une vitesse de plus de 24 noeuds. De son côté, Le Vendéen prend peu après le même contact grâce à son sonar de coque basse fréquences et à près de 12 000 yards.

Devant rentrer à Toulon le Suffren (et l'amiral) quitte aussitôt la zone et laisse Le Basque avec le D’Estrées et Le Vendéen disposés en écran autour du contact suspect : l’intrus est ainsi comme encagé. Le commandant du D'Estrée succède à l'amiral et dirige les recherches.

Les caractéristiques du contact permettent de confirmer bientôt l’écho comme un "sous-marin possible" de confiance élevée (= 4), puis de le classer "sous-marin probable". Les escorteurs décrivent alors des évolutions en "8" dans leur secteur respectif (afin de ne jamais "tourner le dos" à la menace) (dessin ci-dessous de Patrick V***  mars 2010). 

Contrairement au D’Estrées et au Vendéen, Le Basque, de son côté, ne dispose pas de sonar BF, mais de deux sonars HF. Mais, manœuvrant à faible distance de l’écho, il n’éprouve pas plus de difficulté que les deux autres escorteurs pour garder le contact.


Les trajectoires en "8" (en relatif par rapport au contact, mais qui - tant que l'écho a une route et une vitesse - ressemblent dans l'absolu à des sortes de festons), durent toute la nuit du 16 au 17 juin. Après plusieurs heures de contact ininterrompus, l'écho est toujours un PROBSUB (sous-marin probable). 

Ci-dessus un dessin de Patrick V*** fait en mars 2010 qui schématise les différentes routes. 


Afin d’en augmenter enfin la classification, une manœuvre inédite est alors entreprise : passer à sa verticale. Après s’être assuré du cap du but (évoluant toujours à très faible vitesse, environ deux nœuds) Le Vendéen sort de son secteur de patrouille et, sous "Direction PCASM", remonte le but par son arrière, au même cap, sondeur en fonction, à vitesse modérée et constante (12 nœuds), schéma de Patrick V***  ci-dessous fait en mars 2010.


Le Vendéen était équipé de deux sonars, un V.24  basses fréquences, à plus grande portée et un DUBA 1 à hautes fréquences plus précis à courtes distance. Bien qu’il y ait à cet endroit plus de 2500 mètres le fond, le graphique sondeur enregistre alors une trace à environ 100 mètres sous la coque du Vendéen faisant clairement apparaître la silhouette d’un sous-marin.

 
Le schéma ci-contre, est celui de la trace du sous-marin telle qu'elle apparaissait au sondeur (dessin Patrick V*** - mars 2010)

Le doute est alors pratiquement levé : de la vitesse relative < vitesse du Vendéen moins vitesse du "but" > de 10 nœuds et de la durée de la trace du sondeur de 20 secondes, il résulte une longueur du "but" d’environ cent mètres.

Après cette manœuvre on est donc très proche du classement "sous-marin certain". 

L’écho se déplace de moins en moins vite, et devient quasiment fixe. Les évolutions des escorteurs se résument alors effectivement à des "8" statiques. En fin de matinée du 17 juin, lassé par le harcèlement des bâtiments de surface et à bout de potentiel électrique, le sous-marin fait surface et se rend. Et c’est bien un Fox-trot soviétique, confirmant donc les évaluations et calculs.

Le D’Estrées reste alors seul sur place pour surveiller l’intrus (et lui interdire de se rapprocher de nos côtes), tandis que les ER font route sur Toulon, mission accomplie. Quelques heures plus tard, faisant lentement route au sud-est tout en rechargeant ses batteries, le sous-marin, en surface, toujours suivi par le D’Estrées, rejoindra bientôt un bâtiment de soutien de la marine russe venu le prendre en charge, et s’éloignera définitivement des parages. »

 Afin de complèter le récit ci-dessus, voici une photo d'un sous-marin soviétique du type "Fox-trot", sous-marins classiques (diesel) équipé de torpilles dont la vitesse était de 20 noeuds en surface et de 15 noueds en plongée. C'était un "compagnon de jeux" non dénué de qualités. (photo "Jane's fighting ships - 1973)

 



Patrick V*** m'a aussi envoyé une carte de voeux de 1965 représentant Le Vendéen de manière stylisée, très moderne pour l'époque. Je tiens à encore remercier Patrick V*** pour le temps et l'énergie qu'il a passé sans compter pour rafraîchir notre mémoire collective, surtout pour ces épisodes qui n'ont pas souvent été décrits, encore merci.

  

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1972. Le Vendéen fait escale au Liban, certains en profitent pour aller visiter Baalbek, ancienne cité romaine aux ruines majestueuses. (photo Claude MOSOLL - 1972)


1972. En ville, sans doute à Beyrouth, le marchand de boissons. J'aime bien cette photo car elle représente tout ce qui me plaisait dans les escales, nous ne connaissions pas grand chose du pays que nous allions toucher, et pourtant la curiosité était là et elle permettait ce genre de rencontre. A la découverte du matelot répond le sourire du marchand. (photo Claude MOSOLL - 1972)


1972. Autre vue d'escale, la rue libanaise sur fond de mosquée. (photo Claude MOSOLL - 1972)


1972. La richesse archéologique du Liban est très grande, manifestement l'équipage du Vendéen en a bien profité. Merci beaucoup à Claude MOSELL pour ces photos. (photo Claude MOSOLL - 1972)


Dans les années 1960, le Vendéen comme les autres escorteurs rapides fait de la surveillance maritime dans le cadre de la lutte contre le trafic d'armes du FLN algérien. Sur la photo un hélicoptère de l'aéronavale, plus précisément un Piasecki Hup-2 d'origine américaine. Il procède à un transfert de personnel car on voit le crochet en dessous de la roue droite. Cette photo et la suivante viennent du site www.alabordache.com sans détail d'auteur, si celui-ci se reconnaît qu'il me le fasse savoir. Merci.(photo ?? - 196?)


1967. Le Vendéen entre dans le port de Tarente en Italie du sud. Il vient de passer le pont tournant dont on voit une partie derrière la passerelle. C'est aussi une photo www.alabordache.com je ne connais pas non plus l'auteur, je reparerai ma lacune aussitôt que celui-ci se fera connaître. Merci d'avance. (photo ?? - 1967)



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En 1977, Claude HENNARD frais émoulu de l'école des mécaniciens embarque sur le Vendéen à Toulon, pour tous ceux qui pensent que la méditerrannée est un lac sous le soleil et qu'il fait toujours bon naviguer, regardez les photos ci-dessous, un grand merci à Claude.



1977. Le vent est de travers, la lame aussi bien-sûr alors ce bon vieux Vendéen se couche sur tribord suivant l'habitude des escorteurs rapides, seul le télépointeur de 57mm reste stable, celui qui l'occupait devait avoir une drôle d'impression. (photo Claude HENNARD - 1977)



L'avant du Vendéen est entré dans la lame, la vague éclate sur l'étrave et le photographe n'avait que très peu de temps pour se mettre à l'abri. (photo Claude HENNARD - 1977)


La suite de la précédente, j'espère pour Claude que le blouson de mer était bien cappellé. Remarquez que l'affût de 57mm est tourné vers tribord et n'est plus dans l'axe du bateau. Mon poste était à l'avant du bateau sur le Provencal et j'ai encore en tête le bruit que faisait ce genre de vague sur la structure du bateau. (photo Claude HENNARD - 1977)



Une autre photo prise vers l'arrière toujours depuis la passerelle, sur la droite de la photo un des canons de 20mm. (photo Claude HENNARD - 1977)


La vague est passée, le soleil joue avec les embruns, le bateau embarquait des tonnes d'eau de mer, mais lui comme l'équipage avait l'habitude, de toute façon que pouvions nous y faire ? (photo Claude HENNARD - 1977)


Impressions marines. Vous êtez de quart à la passerelle (sur les escorteurs sans passerelle couverte seuls le barreur, le préposé au transmetteur d'ordres et les cartes étaient à l'abri) et vous avez encore 2 ou 3 heures à tenir dans le froid, l'humidité et le roulis, ceux qui ont connu ces moments comprendront ce que je veux dire, vivement la banette ou le hamac ! (photo Claude HENNARD - 1977)



Heureusement nous n'étions pas seuls pour le quart. Mais dans ces cas, s'accrocher à tout ce qui était fixe était une préoccupation première. Je vous laisse imaginer que vous êtes en train de déjeuner et que votre plateau se met à imiter les mouvements désordonnés du bateau, que vous essayez de vous laver ou de continuer à faire simplement votre travail. En tout cas, bravo et merci à Claude Hennard pour ces photos.. (photo Claude HENNARD - 1977)


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Le Vendéen suivant divers auteurs et à diverses époques, un patchwork pour changer un peu les habitudes.


Nous sommes en mai 1972, le Vendéen fait escale à Beyrouth au Liban. Des volontaires se rendent à l'hôpital de Beyrouth pour offrir leur sang sous la houlette du lieutenant de vaisseau GUITTARD, alors officier en second (au 3ème rang). Ils posent avec le personnel hospitalier. Un autre membre de l'équipe est à remarquer, il est à droite avec son bras dans le plâtre, il s'agit de Michel MEYER le frère de Jean-Charles MEYER. Si vous voulez savoir pourquoi son bras est dans cet état, alors CLIQUEZ ICI. (photo Jean-Charles MEYER - 1972)


1971. Ravitaillemnt à la mer entre le BSL RHIN et le Vendéen. A l'époque le Vendéen était le chef de la 5ème division d'escorteurs rapides comme l'indique l'anneau noir sur la cheminée . Remarquez le bras de charge du Rhin qui supporte le cable du ravitaillement. (photo Bagadoo - 1971)


1971. Ravitaillement avec le Rhin, l'escorteur se présente sur le tribord du BSL. (photo Bagadoo - 1971)


1971. La suite du ravitaillement, les deux bateaux sont presque de conserve. Remarquez à gauche de la photo le canon de 40 mm, le Rhin était équipé de 3 de ces canons. (photo Bagadoo - 1971)


1971. Toujours le ravitaillement avec le Rhin. Entre les deux bateaux, les lames sont emprisonnées et ne peuvent souvent s'évacuer que vers le haut, le pont bas des escorteurs rapides en faisait souvent les frais. (photo Bagadoo - 1971)


 1971. La photo est prise à contre-jour et la qualité s'en ressent, mais on peut bien voir le cable support entre les deux bateaux. (photo Bagadoo - 1971)


1971. Fin du ravitaillement. Le cable support est revenu sur le Rhin, l'officier de manoeuvre du Vendéen fait monter les tours sur les deux machines et met quelques degrès de barre sur tribord. A bientôt pour d'autres exercices. Un grand merci à Bagadoo pour ces photos.(photo Bagadoo - 1971)


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Pierre CARDIN a embarqué sur le Vendéen durant les années 1961 et 1962. Il a mis ces photos sur www.alabordache.com et m'a autorisé à les mettre sur ce site, je tiens à l'en remercier encore.


Pierre CARDIN, alors quartier-maître de 2ème classe mécanicien pose devant son oeuvre, à savoir le nettoyage et le réglage de l'hélice tribord, nous sommes à Toulon en décembre 1961. (photo Pierre CARDIN - 1961)


Toujours lors du carénage du Vendéen, voici un copain de Pierre qui participe aussi au nettoyage, travail fastidieux mais tellement utile. (photo Pierre CARDIN - 1961)


1962. Le Vendéen fait escale à Calvi en Corse. Voici le Matelot mécanicien PESTRE, Jean-Marie. (De Vitry-le-François) Alors que le Vendéen était au mouillage aux Vignettes, Jean-Marie en embarquant a laissé tomber son sac à la mer. De quart à la machine de 20HOO à OOHOO, Pierre l'a vu arriver afin de faire sécher son linge, c'est vrai que la machine était l'endroit rêvé.  (photo Pierre CARDIN - 1962)


1962, Escale à Calvi, le QM2 mécanicien Pierre CARDIN. A l'époque il y avait à Calvi un régiment de légionnaires, je me souviens en 1974/75 avoir participé à des exercices contre-eux, il faut bien avouer que nous de boxions pas dans la même catégorie, sur terre ils étaient beaucoup plus professionnels que nous.  (photo Pierre CARDIN - 1962)


1962. Sans doute toujours à Calvi, le Vendéen au mouillage. Le retour à bord se faisait avec l'embarcation du bord via le tangon, je vous laisse imaginer par fort mistral.  (photo Pierre CARDIN - 1962)


1962. Calvi lors de la même escale, le quartier-maître CARDIN et les matelots POGGI et BIROT dans une citroën (je pense), c'était au temps d'avant le contrôle technique automobile.  (photo Pierre CARDIN - 1962)



1961. Le Vendéen fait escale à la Valette sur l'Ile de Malte, la garde d'honneur est prête, Pierre CARDIN, 5ème en partant de lagauche, puis BIROT et PESTRE.  (photo Pierre CARDIN - 1961)


1961. Escale à La Valette à Malte, les cérémonies officielles sont terminées, le trio va faire du tourisme dans les rues de la ville.  (photo Pierre CARDIN - 1961)


1961. Retour à l'élément marin. Photo pris depuis le toit de l'affût double arrière, question à dix sous. A quoi servait la sorte de marmite que l'on voit à gauche de la photo ? Merci à Pierre CARDIN pour ces photos.  (photo Pierre CARDIN - 1961)




Jean-Charles MEYER nous a déjà envoyé des documents sur le Picard à voir dans les souvenirs du Picard, mais ici ce sont deux récits sur le Vendéen, le premier raconte une aventure arrivée à son frère Michel faisant alors son service sur le Vendéen, le deuxième récit lui a été transmis par le maître d'hôtel du commandant de Vendéen et nous narre en marge de la version officielle ce que Robert le maître d'hôtel a véçu alors, à vous de vous faire votre opinion.

Donc voici tout d'abord les aventures du petit frère Michel

Le 5 mai 1972 en Méditerranée

EVACUATION SANITAIRE SALUTAIRE

Par Michel le Ti-Frèr.. !

Outre le fait d'avoir été choisi par la marine pour accomplir mon service national j'ai eu le grand bonheur d'être embarqué sur l'E.R Vendéen. Il est affecté à Toulon, merveilleuse ville où je suis né . J’arrive à bord en 1972 comme matelot missilier, matricule 72 2756. Le bâtiment avait alors pour pacha le capitaine de frégate Corbier qui a terminé sa carrière au grade d'amiral. Il fut en délicatesse avec la marine pour cause de « désaccord sur la façon de gérer les essais nucléaires à Mururoa ». Un pacifiste du Pacifique en quelques sortes.

Je découvre « mon bateau » un matin de mars 1972, amarré aux appontements Milhaud, plus particulièrement au quai Noël. Je remarque tout de suite sa cheminée plate. Ils sont trois escorteurs rapides de ce type équipés de cette cheminée : Le Vendéen, l’Alsacien et le Provencal. Pour ce qui concerne le « mien » elle est barrée d'un galon noir synonyme de chef de division.

Le 3 mai 1972, nous appareillons pour la grande aventure en direction de Izmir, Rhodes et Beyrouth. Le D'Estrées, le Jojo, (Jauréguiberry pour les intimes.) l'Arromanches et le Var nous accompagnent. A peine deux jours de mer se sont écoulés, nous ne devons pas être très loin des îles de Hyères, un incident remarquable se déroule et j’en suis la vedette. Le 5 au matin, en fin de quart de 4h à 8h je m’en vais, ainsi que mes collègues prendre mon petit déjeuner à la cafétéria. Je descends les premières marches de l’échelle d’acier et hop… ! vol plané, chute libre et atterrissage sur le parquet de notre salle à manger. Pour me protéger pendant la cascade involontaire, je place mes mains en arrière et chute de ton mon poids sur la bras gauche. Mes camarades du tiers présent me relèvent et m’évacuent à moitié groggy à l’infirmerie du bord. Verdict du Capitaine médecin : fracture de la styloïde radiale gauche. Que faire ? Je pourrais être soigné sans aucun problème sur l’escorteur mais le toubib préfère prendre des garanties et décide de mon évacuation sanitaire.

Je m’interroge ! Evacuation ? Vers où ? Comment ? A la nage ? Par transbordement ? Une chance dans mon (petit) malheur : l'Arromanches rentre en catastrophe à Toulon pour des problèmes de propulsion. Contact radio entre les deux Pachas qui organisent mon départ…héliporté.. ! Comme quoi être affecté sur un escorteur « Chef de Division » ça a du bon… ! C’est beau l’autorité.

Trente minutes plus tard, le bras en écharpe solidement amarré contre ma poitrine, je suis sanglé sous l’Alouette III du porte-avions, qui m’emporte tel un fétu de paille. Le mécanicien aéro m’accueille chaleureusement à la porte de l’hélicoptère et l’appareil piloté de main de maître, se pose quelques instants plus tard sur le pont de l’Arro. Je reste vingt quatre heures à l’infirmerie, soit dit en passant beaucoup plus vaste que celle du Vendéen, puis nous arrivons à Toulon. Une ambulance me conduit alors à l’Hôpital Sainte Anne, celui-là même ou j’ai vu le jour 20 ans plus tôt.

Mystère maritime ou élucubration humaine, voire caractère indispensable de ma présence sur le Vendéen, ce dont je doute quand même un peu…, quarante huit heures plus tard, je repars en sens inverse : même motif, même moyens de transport. Le porte-avion réparé, mais pas à Sainte Anne, lui, appareille avec un passager supplémentaire. Le pilote de l’hélicoptère me reconnaît, ce qui facilite les relations aériennes et me dépose avec délicatesse sur la plage arrière du Vendéen, en pleine mer. Vu d’en haut ça fait petit, un escorteur rapide.. ! Je n’ai pas pris de bain forcé et suis arrivé intact, prêt à reprendre du service.

Mon bras gauche est plâtré, ce qui m’interdit tout travail, sauf à me gratter l’oreille où à disposer mes orteils en éventail. Ce mystère restera entier quand à ma présence sous mon statut d’éclopé à bord pendant cette croisière. Je ne pouvais tenir mon poste. J’assumais toutefois la veille optique à la passerelle. En fait ce furent de vrais vacances en croisières « Club Med ».

Je ne me souviens pas d’avoir culpabilisé, ni de m’être plaint de mon état. Je ne souffrais nullement, j’étais légèrement handicapé, mais très légèrement. Pour être en règle avec ma conscience, et seulement avec elle, lors de l’escale de Beyrouth, je n’hésitais pas à participer à l’opération « Don du sang ». Je me souviens, qu’en plaisantant avec moi, l’infirmier libanais me demanda :

    -    Je pique où ?
    -    Dans le plâtre, ça fait moins mal, répondis-je !

Finalement ce fut une croisière humanitaire.

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Voici maintenant le récit à partir des souvenirs de Robert, maître d'hôtel du commandant du Vendéen à l'époque, qui relate l'aventure de la mise au sec sur un rocher de la Maddalena en 1964.


En Méditerranée, le 17 octobre 1964.

LE VENDEEN A LA MADDALENA.

Au mois d’octobre 1964, les bâtiments de la 5° Division d’escorteurs rapides, (Chef de division Le Picard), soit le Vendéen et le Normand, dont le port d’attache est Toulon , participent à un grand exercice interallié en Méditerranée.

Pendant la nuit du 16 au 17 octobre, le Vendéen mouille au large de La Maddalena, une île du Nord de la Sardaigne, éloignée de quelques milles des bouches de Bonifacio. Le vent s’est levé durant la nuit. En ces lieux de hauts fonds, la navigation dans l’archipel est dangereuse car des rochers affleurent. L’escorteur rapide au mouillage a le nez dans le vent. Il est 3 heures 50, Robert le maître d’hôtel du Commandant vient d’être réveillé, sur sa demande, par le matelot de service. A son tour il doit réveiller le capitaine de corvette qui commande le fier vaisseau. Les manœuvres d’appareillage ont débuté. La machine est en pression, les hélices ont été « balancées ». Les boscos remontent la ligne de mouillage et son ancre, l’équipage est aux postes , paré à exécuter les ordres. 

Sous la force du vent, le Vendéen cule vers des rochers alors que la baleinière qui n’ est pas remontée dans ses bossoirs, se trouve exactement à la poupe du bateau. A bord de celle-ci un bosco, un gabier et un mécanicien.

Afin d’éviter de coincer la frêle embarcation entre les roches qui affleurent, l’officier de quart ordonne :

-   Machines avant deux. !

Tous les regards se portent vers l’arrière mais personne ne prend garde, dans la nuit noire, que l’escorteur se dirige droit sur d’autres rochers. Il se plante littéralement par tribord sur les cailloux : un énorme bruit de tôle déchirée , l’éclairage s’éteint, le bateau stoppe net. Il restera ainsi, accroché aux rochers pendant trois semaines. La voie d’eau, au niveau de la ligne de flottaison, n’est pas exceptionnelle, la coque est déchirée sur 7 mètres.

Le commandant vient d’arriver à la passerelle, il ne peut que constater les conséquences de l’accident. Une équipe de sécurité est envoyée dans les tranches aux fins de rapport. Ce sont ses membres qui affirmeront après la visite que la déchirure est importante et que le navire ne prend pas l’eau, pour le moment.

Au petit jour, la 5° division est au complet autour du Vendéen afin de palier toutes éventualités. Il en est ainsi des fortunes de mer et de la solidarité des gens de mer.

Pendant plusieurs jours il sera procédé au débarquement de tous les matériels mobiles et lourds afin d’alléger le bâtiment et de mettre la déchirure hors d’eau. Puis un dock flottant, de l’arsenal de Toulon, prendra en charge et au sec le Vendéen afin de le transporter au bassin Vauban pour réparations. Le voyage dura dix jours. Une bien triste arrivée dans la rade toulonnaise de ce convoi de remorqueurs tirant et poussant le dock sur lequel était calé au sec l’escorteur rapide.

Il sera réparé avec célérité, comme il se doit, par les ouvriers et ingénieurs de la Direction des Constructions et Armes navales et reprendra son service à la mer très rapidement. Sur la coque, plus aucune trace n’apparaîtra. Seuls les souvenirs resteront à jamais gravés dans les esprits.


NdR : Officiellement il est fait état d’une avarie mécanique. En panne, la machine n’aurait pas pu répondre aux sollicitations de l’officier de quart. Livré à lui-même, le bateau serait alors allé se drosser sur les rochers. Officieusement, Robert, notre maître d’hôtel était à bord, avec ses 178 autres camarades. Ils sont là pour témoigner des véritables causes de l’accident qui, soit dit au passage, n’ont fait aucune victime.



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En 1966, le Vendéen passait la ligne, Michel FAIVRE était à bord et en a conservé une série de clichés. Ses souvenirs sont aussi visible sur Le forum des anciens cols bleus , il était à l'époque quartier-maître mécanicien à bord du noble vaisseau. Voici ses aventures.


Le 20 août 1966, le Vendéen passait la mythique ligne de l'équateur, à cette occasion, les néophytes tremblent, si ! si !, mais ça vous le savez sans doute déjà. Voici juché sur un affût de 57mm, dans la noble attitude inhérente à sa fonction, Neptune et son épouse qui président aux délibérations et condamnations. (photo Michel FAIVRE - 1966)


1966. Le passage de la ligne. l'execution des sentences bat son plein, la justice de Neptune s'abat sur les futurs anciens néophytes. Ne me demandez pas avec quoi est badigeonné le condamné de premier plan, d'abord c'est un secret et ensuite cela dépendait fort d'un bateau à l'autre. (photo Michel FAIVRE - 1966)


1966. Celui-là semble avoir eu un traitement de faveur, quelque chose me dit que ce n'est pas un matelot, il doit y avoir du gradé sous la couche de peinture et de graisse. eh oui, tout le monde devait y passer. (photo Michel FAIVRE - 1966)


1966. D'autres privilégiés. Dans mon souvenir, on pouvait être condamné à plusieurs "mises à mort", chacune consistant en un tour de circuit, ceux-ci attendent peut-être le deuxième passage. Courage les gars ! (photo Michel FAIVRE - 1966)


1966. Le cuisinier du bord, ici déguisé en boulanger participe avec son aide aux festivités. (photo Michel FAIVRE - 1966)


1966. Voici maintenant le baptême proprement dit. Le néophyte est rasé par un aide, au bord de la "piscine", les "sauvages" attendent. (photo Michel FAIVRE - 1966)


1966. Le moment crucial où le néophyte va être plongé en arrière dans "l'eau purifiante". Je vous laisse imaginer la qualité du liquide après plusieurs passages. (photo Michel FAIVRE - 1966)


1966. Un tour parmi les "sauvages", voici ceux qui procèdent au baptême dans la piscine, cette dernière certe bricolée, mais ça fonctionnait.  (photo Michel FAIVRE - 1966)

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1966. Avant de passer dans l'océan indien, le Vendéen a fait escale à Beyrouth. De là, une excursion est organisée dans la plaine de la Bekaa, plus précisément à Baalbeck l'antique ville romaine.  (photo Michel FAIVRE - 1966)


1966. Il fait très chaud dans la Bekaa au mois d'aout. Heureusement des petits restaurants permettent de récupérer. Admirez le blanc des uniformes, les permissionaires devaient être impeccables avant de quitter le bord. (photo Michel FAIVRE - 1966)


1966. Le Vendéen passe le canal de Suez. Il doit s'arrêter à Port-Said car les traversées par le canal se font en convoi et avec pilote. Les barques de marchands s'approchent pour offrir tout se qui peut être transportable sur une petite embarcation.  (photo Michel FAIVRE - 1966)


1966. Toujours à Port Said. Les egyptiens ont un sens inné du commerce et les bateaux qui transitent par le canal sont pour eux une vraie mine.  (photo Michel FAIVRE - 1966)


1966. D'accord le chronologie n'est pas toujours bien respectée. Nous voici de nouveau lors du passage de la ligne. Ceux-ci ont déjà fait un passage, pour certains ce ne sera pas suffisant, ils auront droit à un deuxième tour. (photo Michel FAIVRE - 1966)


1966. Pour être tout à fait franc, je ne sais pas très bien si ce néophyte sort ou entre dans la piscine. Au fond quelle importance ?  (photo Michel FAIVRE - 1966)


1966. Et voilà, fin de la cérémonie. Dans mes souvenirs tout ça se passait dans la bonne hummeur et le plus souvent à ranger dans la même boîte que les sorties d'étudiants. En tout cas encore merci à Michel de les avoir conservés.  (photo Michel FAIVRE - 1966)

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Francis JACQUOT a embarqué en même temps que moi sur le Provençal, il a aussi pris en photos le Vendéen, que voulez vous ! on ne se refait pas. En voici quelque unes.



Le Vendéen appareillant vers 1975. Combien de nautiques avons nous parcouru avec lui à faire des exercices ASM et autres ? Lui et l'Alsacien faisaient vraiment partie de notre paysage marine. (photo Francis JACQUOT - 1975)


Cette photo a du être prise en même temps que la précédente. Nous sommes à Palma De Majorque en Espagne, à gauche de la photo le pétrolier ravitailleur la Seine. (photo Francis JACQUOT - 1975)


1975. Sans doute après un exercice de transfert, le Vendéen se dégage sur le tribord, l'Alsacien fait de même vers son babord. (photo Francis JACQUOT - 1975)


1975. Cette photo doit normalement se situer avant la précédente car le Vendéen semble se présenter sur l'arrière de l'Alsacien. Merci à Francis pour cette suite des aventures du Vendéen. (photo Francis JACQUOT - 1975) 



TEMOIGNAGE DE Jean-Louis CHATEAUX sur l'échouage du Vendéen à la Maddaléna le 17 octobre 1964

Jean-Louis CHATEAUX m'a envoyé il y a quelque temps déjà le témoignage ci-dessous, je dois avouer que son courriel avait été mal classé, voici cette bévue réparée, je le prie de bien vouloir m'en excuser, je lui laisse la parole et vous livre son témoignage tel quel:


Je vais vous livrer maintenant un épisode peu glorieux, à mon humble avis, dans les annales de la Marine. Mais je tiens à préciser que je vous raconte ce que j’en sais et ce que j’en ai entendu rapporter par des marins qui étaient à la passerelle au moment où l’accident est survenu. Je ne suis pas témoin direct car comme je n’étais pas de service, j’étais couché dans ma bannette au moment de l’accident, je ne peux donc pas témoigner personnellement. Cette précaution est prise dans le but de n’accuser personne formellement. 

Mi Octobre nous voit reprendre les entraînements avec la flotte Italienne et la VIème flotte Américaine. Exercices de routine : nous chassons des ennemis dans les parages de la Corse et de la Sardaigne. Durant la nuit de 16 au 17 Octobre 1964, il fait assez mauvais temps pour que le commandement décide d’économiser le matériel. Toutes les flottes interrompent les exercices et viennent s’abriter pour la nuit dans la rade de La Maddalena, au Nord de la côte de la Sardaigne.

Nous passons la nuit au mouillage, nous nous reposons un peu et reprenons des forces.

A cinq heures du matin nous levons l’ancre,  la tempête souffle toujours mais un peu moins fort. Il fait encore nuit noire et toute l’escadre appareille simultanément. Vu les risques pris dans un appareillage en nombre, durant la nuit, par mauvais temps et dans ces parages dangereux le commandant décide de « prendre la manœuvre », qui est d’ordinaire sous la responsabilité de l’officier de quart. Il ordonne un cap que le barreur suit et …les directives du pacha envoient le bateau s’échouer sur des rochers affleurants.

Un choc énorme intervient, tout ce qui est mobile tombe au sol, un raclement inquiétant nous ralentit et pour finir le bateau s’arrête et prend quelques degrés de gîte.  Tout à coup une étrange immobilité intervient… 

Un poste de combat est sonné, tout le monde file à son poste. Le mien est en soute radio, dans les fonds du bateau, j’y cours et trouve déjà  une trentaine de centimètres d’eau dans la soute inférieure. Je plonge mon bras dans l’eau et au fond je touche de la main des rochers qui ont percé la coque !

Le matériel électronique entreposé dans la soute est en train de prendre l’eau. Je suis seul, je dois réagir vite, je décide de monter tout le matériel à l’étage supérieur et de fermer le panneau de sécurité qui est entre les deux niveaux. J’ai sauvé l’essentiel du matériel. Quand j’ai eu fini, dans le compartiment inférieur, j’avais de l’eau à mi cuisses mais elle ne montait plus et pour cause : le bateau était posé sur les rochers. 

L’étrave avait rebondi sur un rocher et la vitesse nous avait fait glisser dessus jusqu’au tiers avant du bateau soit probablement une trentaine de mètres. Autant que je puisse en juger de ma place et sans être un expert, il y a eu un problème de cap et le Commandant, ayant assumé  la manœuvre,  en est sans doute responsable. Le pauvre sera débarqué deux heures plus tard et nous n’aurons plus jamais de ses nouvelles.

Mettre au sec un escorteur rapide, qui plus est sorti de grand carénage quelques mois plus tôt est assez mal vu et on peut comprendre que le Capitaine de Corvette B…., commandant du  Vendéen depuis le 2 Juillet, eut disparu de la circulation après un tel accident.  

Je n’en sais pas plus pour ce qui concerne les responsabilités de l’échouage. Quelques années plus tard je lus qu’il y avait eu une avarie de machine ? Mais j’en doute. Encore une fois, d’abord, je n’étais pas à la meilleure place pour en juger, ensuite on ne peut pas dire que je sois un spécialiste des échouages…

Un fois le jour levé on se rend compte de la catastrophe. La marée descend. Oui même en Méditerranée il y a un léger mouvement d’eau, au mieux une vingtaine de centimètres entre la haute et la basse mer. Nous découvrons alors que nous sommes posés sur le fond, au tiers avant du bâtiment, en équilibre sur les cailloux.  A l’avant, nous voyons presque l’arrondi de l’étrave. Nous avons une gîte de quelques  degrés.

Il y a des rochers émergeants à quelques mètres à bâbord du bateau et à une centaine de mètres une falaise d’une cinquantaine de mètres s’élève…

Bien entendu il n’y a plus de danger de couler et à mon avis il n’y en a pas eu.

La vedette de l’Amiral commandant de l’escadre vient nous visiter et des tentatives de dégagement du bateau sont décidées.

Il va falloir alléger Le Vendéen au maximum pour que le bateau pèse moins sur le fond. Il convient aussi de l’étanchéifier pour le voir flotter puis de vérifier qu’il est remorquable. 

 Pour ce faire des corvées sont mises en place. On va vider tous les liquides : mazout, eau potable, pinard et eau des chaudières. On va alléger le bateau de toutes ses munitions : on a fait la chaîne pendant six heures pour dégager tous les obus de 57mm (en caisse de quatre). On a démonté les tourelles d’artillerie, les télépointeurs, les tubes lance torpilles. On a travaillé durant des heures à toutes sortes de corvées aussi pénibles que possible. Tous les équipements démontés ont été transférés sur des barges.

Midi et soir nous sommes conviés sur le porte avions (Foch ou Clemenceau je ne sais plus lequel des deux) pour y prendre nos repas, pour nous changer les idées et pour voir la télé : sur le Vendéen plus rien ne fonctionne et l’ambiance est morose.

Un immense bateau grue, je crois me souvenir qu’il venait de La Spezia en Italie, est arrivé pour tenter de soulever l’avant du bateau par les écubiers. Il fallait alléger au maximum l’inertie du bateau sur le fond. On n’a guère de marge de manœuvre car il repose lourdement. Il est décidé d’ailleurs d’attendre la plus haute marée possible qui interviendra quelques jours plus tard. Pendant ce temps un ciment spécial à prise rapide vient renforcer la coque dans les fonds. La remise en état de flotter va nous prendre une dizaine de jours.

La première chaîne de télévision nationale est venue à bord, a filmé les dégâts et les tentatives de remise sur l’eau. A cette occasion mes parents m’ont aperçu durant le reportage. 

Le jour du dégagement est arrivé : Des remorqueurs tirent simultanément Le Vendéen vers l’arrière pendant que la grande grue le soulève par les écubiers. En même temps que des petits chalands de débarquement poussent par le travers. Trois tentatives ne sont pas couronnées de succès. A la quatrième, le bateau se dégage et flotte.

Après une inspection générale pour vérifier la bonne flottabilité de la coque, tout l’équipage est débarqué sauf une équipe dite de remorquage. Pour les transmissions le maître radio, un matelot et moi sommes désignés et nous assurerons les veilles pour le retour. L’équipage est réduit à une trentaine hommes, il convoiera le Vendéen pris en remorque vers Toulon.

Le lendemain matin nous y arriverons sans histoire. Le jour même, comme la plupart des membres de l’équipage, je débarque. De nombreuses mutations interviennent et je suis moi-même transféré sur Le Jauréguiberry. Le Vendéen repasse en grand carénage. Nous sommes le 15 Novembre 1964.

Je venais juste d’acheter un appareil photo mais je ne savais pas encore bien l’utiliser. J’ai pris une pellicule complète de photos du Vendéen au sec, malheureusement elles seront toutes voilées…J’en suis désolé car je n’ai aucune photo de cet « événement ».

 

                                                                                  Jean-Louis CHATEAUX

                                                                                  Alors QM2 radio sur Le Vendéen






Roger GARGADENNEC m'a envoyé les photos qui suivent de son passage sur le Vendéen en 1975 et 1976, il a aussi fait partie de la mission SARGASSES de 1975. Je vous les fais partager et je remercie Roger de ses souvenirs.


Le Vendéen aux Açores à Ponta Delgada en avril/mai 1975. A couple du Vendéen on peut voir le Bourguignon qui participait aussi à la mission. (photo Roger GARGADENNEC - 1975)


1975. Au cours de la mission SARGASSES, le Vendéen passe l'équateur, la "ligne", cela donne lieu à moultes festivités et bien-sûr à la remise d'un diplôme de passage. Voici celui de Roger Gargadennec qui a donc payé son dû aux us et coutumes de la marine. Remarquez que le nom du néophyste est inscrit "Gargandennec" , comme ses courriers électroniques répondent au nom de "Gargadennec", je suppose qu'il s'agit d'une coquille ou d'un règlement de compte d'un fourrier ou secrétaire militaire atrabilaire ? (photo Roger GARGADENNEC - 1975)


1976. Le Vendéen est a Toulon en carénage, sans doute dans un des bassins de Missiessy. Remarquez le factionnaire à gauche du pavillon, la vie durant ces période de réparations ou carénages était assez monotone, mais les quelques membres d'équipage qui restaient à bord devait être vigilents pour la sécurité, le bateau étant en travaux, était alors assez vulnérable. (photo Roger GARGADENNEC - 1976) 


1976. Un autre vue du Vendéen au bassin à Toulon. Il arbore à ses drisses les 1er et 3ème substituts, je sais que ces pavillons répètent respectivement le signe le plus élevé et le 3ème signe qui le précède mais je n'en vois pas la signification ici, je fais donc appel aux experts en pavillon. (photo Roger GARGADENNEC - 1976)


1976. Toujours dans le même bassin à Toulon. La plage avant du Vendéen vue depuis le mât. Au tout premier plan, flou, l'aérien du radar de navigation DRBV-32 et derrière celui du radar de veille combinée DRBV-22A. Egalement le bel arrondit du bassin devant l'étrave. (photo Roger GARGADENNEC - 1976)


1976. Nous sommes dans les entrailles de la bête. Voici un des deux panneaux de manoeuvre de la machine qui permettait d'augmenter ou diminuer la puissance des machines. Encore merci à Roger Gargadennec pour ces documents. (Pgoto Roger GARGADENNEC - 1976)

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Le Vendéen vue depuis le Provencal. Le Vendéen, après avoir passé 3 semaines en Méditerranée orientale, est de retour à Toulon le 22 mars 1979. Il a fait ensuite des exercices ASM avec le Provencal et une escale à Palma de Majorque. ( photo "Cols Bleus" -mars 1979)




Escale à Palma de Majorque, une partie de l'équipage fait du farniente sur la plage. Tourisme et bonne humeur !! ( photo "Cols Bleus" -mars 1979)



Le Vendéen au cours d'une mission "Sargasse" avec le Bourguignon, fait escale aux Saintes dans les Caraïbes. On le voit ici amarré par son tableau arrière, l'article précise que la manoeuvre de retournement a été assez délicate. La qualité de la photo n'est pas très bonne, elle se trouvait en page centrale du "Cols Bleus". ( photo "Cols Bleus" - 1975)



Lors de l'escale aux Saintes, le corps de débarquement du Vendéen assiste à un debriefing après un exercice. L'article loue le professionalisme des exercices du type "armée de terre" des interessés. Pour ma part, je me souviens, pour en avoir fait partie dans la région de Calvi avec le Provencal, que ce genre d'exercice ne devait pas être très dangereux pour nos adversaires (en l'occurence la légion étrangère !) et que nous étions ravis de retrouver enfin l'univers maritime qui nous était beaucoup plus familier. (photo "Cols Bleus" - 1975)








Le 25 février 1977, le Vice-amiral de Bigault de Cazanove commandant l'escadre de la Méditerranée a fait reconnaître le Capitaine de corvette Caharel comme nouveau commandant du Vendéen à Toulon. Cette photo semble prise alors que le Vendéen se trouve en câle sèche. ( photo "Cols Bleus" -mars 1977)











Le 13 mars 1980, le vice-amiral de Castelbajac a fait reconnaître le capitaine de corvette de Tarle comme nouveau commandant du Vendéen. Le CC de Tarle sera le dernier commandant du Vendéen. Sous les ordre du précédent commandant, le capitaine de corvette Rolet, le vendéen a parcouru 31 000 milles et tenu la mer pendant 141 jours, cela en 18 mois d'activité. (photo "Cols Bleus" -mars 1980)







L'intimité de la passerelle du Vendéen durant l'été 1981. Le pacha (peut-être !) regarde le large, songeur, il faut dire que cette peinture a été faite lors de la dernière campagne du Vendéen. Elle rend bien compte de ce qu'était les escorteurs rapides, un univers très encombré, mais où quand l'équipage était bon, il faisait bon vivre. J'ai trouvé cette oeuvre dans le "Cols Bleus" n° 1767 du 3 septembre 1963. l'original est du peintre de la marine Serge MARKO (Serge Marko in "Cols Bleus" - 1981)

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Exercice avec le Gustave Zédé (1969)


Le Gustave Zédé a beaucoup fait pour les "rapides", Jean-claude BLOT m'a envoyé ces trois photos d'un exercice de ravitaillement entre le Gustave Zédé et le Vendéen, nous sommes en juin 1969, la mer est belle et calme comme peut l'être la Méditerranée, mais ne vous y fiez pas, cette maîtresse est capricieuse. Encore merci à Jean-Claude.




Comme le Provencal, Le Vendéen se présente sur le babord du Gustave Zédé, il arbore le pavillon de beaupré et de poupe, dans mes souvenirs ces marques d'honneur ne se portaient qu'à quai ou au mouillage, on dira que c'est pour la photo et que le vénérable TATAVE le méritait bien. (photo Jean-claude BLOT - juin 1969).



Une vue détaillée du centre du Vendéen. On voit très bien sur cette photo le système du mortier quadruple de 305 mm qui remplaçait sur les E52b le lance-roquettes de 375 mm. Ce système avait une portée supérieure et pouvait atteindre des cibles plus profondes. Il a également équipé la très belle série des avisos-escorteurs. Cette arme avait la réputation d'être assez complexe à mettre en oeuvre, si quelqu'un a plus de détails je suis prenneur. On voit également très bien le télépointeur de l'artillerie de 57 mm qui semble ici assez fragile sur son pied pivotant. (photo Jean-claude BLOT - juin 1969).

 



L'exercice est terminé, le Vendéen s'éloigne du Gustave Zédé. Je l'ai dit des dizaines de fois, mais à voir cette photo, je suis toujours aussi ému par la ligne des escorteurs rapides, encore un peu 2ème guerre mondiale, mais déjà moderne, et tellement plus "marine" que les bateaux modernes, le progrès inéluctable est passé par là. Il nous reste heureusement les photos et nos souvenirs. Je trouve aussi que la bande noire sur la cheminée qui signale le bâtiment chef de division d'escorteurs rapides, lui donne une certaine classe. (photo Jean-claude BLOT - 1969).


Cette photo est prise à tribord du Vendéen. Elle nous permet d'avoir une vue détaillée des tubes lance-torpilles, en mer les torpilles étaient déjà chargées dans les tubes et il n'y avait pas de torpilles de réserve sur les E52b, alors que les E50 et E52 avaient des valises porte-torpilles qui permettaient de doubler la capacité d'emport de projectile. Sur cette photo de Jean-marc Duquenne, je remarque qu'en 1977 la tenue vestimentaire avait changée, les vareuses sont remplacées par des vestes, plus pratiques sans doute mais moins "pittoresques". J'ai appris après ce commentaire ignorant, que cette tenue de travail était depuis longtemps utilisée pour certaines spécialités. Mea maxima culpa. (photo Jean-Marc Duquenne - 1977).



Cette photo est prise à l'avant du Vendéen. Vue détaillée sur un affût double de 57mm, à part contre les avions, on peut quand même penser que cette artillerie était un peu légère contre d'autres objectifs. Un de ces avantages par rapport au 127 mm des escorteurs d'escadre était la cadence de tir de 60 obus par minutes et par tube.(photo Jean-Marc Duquenne - 1977).

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